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 Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)

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Cléhodore Crossman
Professeur de sortilèges
Professeur de sortilèges
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Age : 59
Maison : Directeur de Gryffondor
Rôle au sein de l'école : Professeur de sortilèges et enchantements
Messages : 43
Date d'inscription : 05/01/2012

Carnet Étudiant
Année scolaire: Enseignant
Relations:

MessageSujet: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Jeu 5 Jan - 17:25

    Dossier de
      Crossman, Cléhadore

(c) Random
Nom : Crossman
Prénom: Cléhadore
Surnom : Cléo, ou "Tic Tac" par certains élèves... Mais je vous recommande d'éviter ce dernier surnom en sa présence.
Sexe : Masculin
Âge : 47 ans
Date de naissance : 21 juin 1958
Nationalité : Anglais
Orientation sexuelle : hétérosexuel à la base, mais homosexuel en rp. Cela dit, je ne sais pas si j'aurai vraiment l'occasion de lui développer une relation en rp, bien que cela ne me déplairait pas!
Groupe : Professeur de sortilèges et enchantements
Maison : Directeur de la maison gryffondor
Année scolaire : [N/A pour les non-étudiants]
Sang : C'est un sang pur.
Baguette magique : Elle est constituée de bois de saule pleureur, ce qui lui confère une flexibilité remarquable. Sa longueur est de 37 cm. Elle est assez simple extérieurement, n'ayant pas d'autre attrait que celui d'un simple morceau de bois. Ni pommeau, ni décoration particulière. Très fine, elle n'est vraiment remarquable que par sa taille. A l'intérieur, un crin de sombral la complète. Cléo garde toujours sa baguette sur lui, résidu paranoïaque de son ancienne carrière d'auror. Pour cela, il la glisse la plupart du temps dans un emplacement spécial dans sa canne.
Forme du patronus : Il prend la forme d'une hirondelle ( martinet pour être précise) , en hommage à sa fille, Lorelaï, fascinée par le conte d'Oscar Wilde, le prince bienheureux, et par ces oiseaux capables de s'évader. C'était également la forme animagus de son épouse.
Sortilège favori : l'Avada Kedavra, sans aucun doute, même si c'est un sortilège impardonnable. C'est la partie sombre de Cléo: sa fascination pour la magie noire. C'est aussi un sort qui sonne un peu comme une vengeance. Car pour lui la guerre n'est pas finie. Le sort qui appelle la mort.
Animal de compagnie : Il possède une chouette chevêche très intelligente et caractérielle. Au départ appelée à remplir une simple fonction de messagère, cet animal s'est vite fait une place dans l'appartement du professeur.


Description physique :

Un pas claudiquant qui se fait entendre dans le couloir. « Tic, tac », c'est ainsi que certains élèves l'appellent, en référence au claquement de sa canne sur les dalles de pierre de l'école. La silhouette du professeur apparaît à l'angle d'un couloir. Elle se fait d'abord remarquer par sa taille : M.Crossman est un homme plutôt grand et de stature imposante. Il doit aisément avoisiner les 1m90, et le reste de son corps est tout à fait bien proportionné. Rien que son apparence suffit à lui donner du charisme et une autorité presque naturelle. Pourtant, sa grandeur et sa force contrastent également avec un boitillement qui le contraint à se déplacer avec une canne et à des gestes lents, comme si ses muscles étaient encore empreints d'une douleur sourde et profonde. Mais avec Cléhodore, il vaut mieux se méfier des apparences : une baguette en main, il est d'une vivacité et d'une précision surprenante.

Les premières années ont souvent tendance à éviter son regard. Les fautifs préfèrent ne pas tomber pour lui, se souvenant encore des rumeurs qui circulent sur les sanctions qu'il inflige. Personne n'a vraiment envie de se retrouver à nettoyer les toilettes de Mimi Geignarde avec une brosse à dents ! Il suffit de voir ces deux jeunes élèves qui quittent précipitamment les lieux en emportant avec eux les reliques de leur petite farce. Il faut dire que le regard sombre du professeur est déjà dissuasif : deux petits yeux noisettes, perçant comme ceux d'un rapace. On aurait presque l'impression qu'il sait la bêtise que vous allez faire avant même que vous n'ayez eu l'idée de la commettre ! Ses sourcils épais et son air souvent sérieux contribuent à le rendre apparemment sévère et antipathique. Il n'en est rien en réalité, du moins, tant qu'on ne le froisse pas. Ses anciens élèves vous le diront sûrement.

Le reste de son visage est émacié, marqué par le temps. Il paraît plus vieux qu'il ne l'est en réalité. Ses rides ont autant été laissées par les années que par les soucis et les événements d'une vie tristement bien remplie. Il a connu deux guerres. Cela ne laisse pas indemne.

Ce visage est rendu austère par la présence d'une barbe soigneusement taillée, un peu grisonnante cependant, à l'imagine de ses cheveux toujours coiffés en arrière. Des cicatrices viennent rappeler aux yeux de tous son passé d'auror et son implication principalement dans la première guerre en tant qu'auror. Une balafre lui coupe la lèvre du côté droit, alors qu'une autre lui barre le front. D'autres marques sont également présentent sur son corps, au niveau de son torse, de son dos, d'un de ses poignets et de sa hanche. La cicatrice la plus douloureuse reste cependant celle qui courent sur ses lèvres. Bien qu'elle soit refermée depuis longtemps, elle l'oblige à se remémorer sans cesse le 24 janvier 1981.

Il masque soigneusement ses plaies avec des vêtements de fortune. De couleurs souvent grises et parfois miteux, il semble accorder peu d'importance à la façon dont il se vêt, adoptant souvent des tenues simples et affectionnant cape et capuche. Un style vestimentaire un peu à l'image de sa situation financière : il ne possède pas grand chose.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Forme animagus : Une ombre sombre traverse un instant le ciel de Poudlard, mais peu de personne la remarque. Un amateur aurait aisément reconnu un oiseau de proie, Un œil un peu connaisseur aurait reconnu un faucon, et un passionné aurait sûrement noté la présence d'un magnifique spécimen de faucon pèlerin.

L'oiseau n'offrait que rarement sa présence, et jamais il ne semblait s'adonner à l'art de la chasse. On ne le voyait guère tournoyer dans le ciel à la recherche d'une proie. En général, il semblait plutôt se laisser porter par le vent, déployant ses magnifiques ailes de près d'1m20 d'envergure, avant de plonger en piquet vers une falaise surplombant le lac.

Son plumage magnifique reste souvent hors de portée du regard des habitants de Poudlard. Pourtant, ses plumes sombres sont d'une splendeur éclatante. Elles sont brunes, presque noires, contrairement au poitrail de l'oiseau d'un gris clair. Le tout est délicatement tacheté de brun sur le poitrail, et de gris sur l'intérieur des grandes ailes.




Les élèves se pressaient devant le panneau d'affichage où s'inscrivaient leurs horaires. Les premières années regardaient anxieusement les noms de professeurs qu'ils ne connaissaient pas toujours, et les suivant se contentaient d'étudier tranquillement le planning. Les noms d'enseignants et de disciples fusaient dans une effusion mêlant joie et angoisse.

« Et Crossman, il est comment ? »

Demanda un jeune première année à un aîné de sa maison. Le jeune homme eut un sourire mi-figue, mi raisin. Les serpentards comme eux, en général, n'aimaient pas beaucoup Crossman, mais ils se gardaient bien de le lui dire ou de le manifester de quelque façon que ce soit dans son cours.

« C'est pas un marrant ! Il est rébarbatif et sévère... Et quand je dis sévère, c'est complètement tordu. Tu savais qu'il était un peu dingue ? Mon père, qui est dans le conseil d'administration, s'était opposé à sa venue, mais bon, on lui rend sans doute hommage pour service rendu en nous le collant. C'est lamentable. C'est le genre de professeur qui retire rarement des points, mais qui ne manque pas d'imagination pour te punir... Parles-en à Edgar Joyce. Il se souvient encore de la journée qu'il a passé à cracher des limaces. Et j'ai deux copains qui ont dû aller cuisiner avec les elfes de maison. Et on raconte qu'il lui est déjà arrivé à plusieurs reprises d'envoyer des élèves laver les toilettes de Mimi Geignarde... Bref, évite de trop l'agacer. Il ne supporte pas l'indiscipline et l'arrogance. Dire qu'il va encore falloir que je le supporte deux ans... »

Les serpentards s'éloignèrent, et un petit Poussoufle les regarda, angoissé, à l'idée de rencontrer ce terrible professeur. Un de ses aînés vint l'entourer d'un bras fraternel.

« Ne les écoute pas... Crossman a une dent contre les élèves perturbateurs mais cela ne dure jamais trop longtemps, et, dans le fond, s'il n'est pas toujours passionnant, il est compétent et plutôt sympa et abordable. Le tout, c'est de ne jamais se montrer impoli ! Tu sais, il peut être souriant. C'est pas le plus grand blagueur de l'histoire, mais il est loyal et il valorise le travail acharné. Il n'hésite d'ailleurs pas à aider un élève qui en a besoin. Franchement, il n'est pas si terrifiant. Un peu impressionnant, surtout au début, et mieux vaut ne pas l'énerver, parce que là, il est carrément terrifiant, mais sinon, ce n'est pas un mauvais bougre... »

« Comment ça Crossman n'est pas passionnant ? Tu veux rire ? »


Intervint une jeune serdaigle, les yeux brillants d'excitation.

« Il n'y a pas plus compétent que lui dans son domaine ! J'ai fait des recherches, vous savez ! Il a une façon d'expliquer les choses, avec passion et calme, de façon claire et précise, et de tenir sa classe... C'est un type vraiment sérieux, on le croise souvent à la bibliothèque... Il a juste toujours un regard un peu triste, même s'il essaie de se donner un air rieur... Mais il a connu deux guerres, vous savez? et en plus il était... Non mais tu m'écoutes!»

"ça y est, elle est repartie!"

Dit le jeune poussoufle en poussant un soupir déchirant et en levant les yeux au ciel avec exagération. Sa jeune amie serdaigle prit un air boudeur, mais l'arrivée d'un autre camarade lui arrache un petit sourire.

«  De toutes façons, un professeur que les serpentards n'apprécient pas, c'est toujours un bon professeur ! »

Dit en riant un élève de Gryffondor, en prenant la peine de saluer son ami de poussoufle avant d'enchaîner du même ton enjoué :

«  C'est notre directeur de maison. On ne peut pas dire de lui qu'il ne soit pas à l'écoute ! c'est vrai qu'il est intransigeant et parfois autoritaire, mais il n'empêche que, lorsqu'on a un souci, c'est un véritable chevalier blanc ! Et puis, ce n'est peut-être pas un blagueur, mais c'est au moins une personne qui a le sens de l'humour. Il paraît qu'il s'entendrait même à peu près avec Peeves et que ce dernier semble le craindre... Il a également une drôle d'affection pour Mimi geignarde. Il est d'une grande patience avec ce fantôme complètement givré ! Mais parfois, aussi, il est bizarre... Il peut rester figé des heures dans la même position, perdu dans ses pensées. Ça fait drôle. La première fois, on a cru qu'il avait été stupéfixé. Il a aussi ces tremblements, et sa façon d'éluder les questions trop personnelles. Il n'apporte que rarement des réponses claires aux questions vraiment trop difficiles, préférant nous laisser faire nos propres choix dans ses conseils, en répondant par énigme, ou de façon ambiguë. Certains élèves des autres maisons, comme ces saletés de serpentards, ne lui font pas confiance pour toutes ces raisons, mais moi, en tout cas, je sais qu'il est protecteur et courageux. Quand aux règles, on voit bien à l'allure malicieuse de son regard, parfois, qu'il peut lui arriver de les franchir, même s'il se garde de le faire devant nous. Enfin, j'avoue, ses colères sont mémorables, mais il est peu impulsif, et je vous défie, si vous en avez le courage et si vous en assumez les conséquences après, de lui faire perdre son calme... »

Les élèves parlèrent ensuite de choses et d'autres, avant de se disperser. Ils ne virent pas le professeur Crossman, ce jour-là, sauf au repas du soir, à la table des professeurs.

Ce qu'ils dirent, ce jour là, du professeur de sortilèges et enchantements, n'était pas tout à fait faux. Ils étaient même, pour la plupart, totalement dans le vrai. Posé et accessible, sévère mais juste, sérieux mais malicieux, doux mais protecteur, triste mais loyal... Étrange, ce Crossman.

Ce qu'ils avaient peut-être omis de mentionner, c'était ce qu'ils ne savaient pas, ou ces détails qu'ils ne percevaient pas toujours, comme par exemple l'aspect obsessionnel du caractère de Cléo, tournant presque à la folie furieuse. C'est un homme qui a accepté d'arrêter de vivre pour mener sa quête. Il n'a aucune passion, et bien peu d'envie, tout cela ayant été balayé par son désir de retrouver la pierre de résurrection. Il mène une vie austère, autant pécuniairement que mentalement. Tout l'argent qu'il gagne à Poudlard sert à payer les dettes de sa maison pour, un jour, peut-être, la racheter. Il se vêt donc pauvrement, et son retour parmi les sorciers lui coûte cher : il est pris à la gorge par les gobelins, n'ayant jamais pu trouver un emploi stable après la guerre, à cause de son passé et de ses tocs parfois inquiétants.

Cependant, s'il avait fui le monde sorcier car il ne lui trouvait plus d'attrait après la disparition de sa famille, il semble avoir réappris en partie à vivre au milieu de la jeunesse Poudlarienne, et conçoit beaucoup d'espoir malgré son pessimisme naturel pour la jeune génération. Il aime leur entrain, et affection leur trop plein d'énergie.

Ce n'est pas pour autant qu'il se révèle être un professeur laxiste ! Bien au contraire, la plupart de ses étudiants vous parleront plutôt de sa fâcheuse intransigeance et de sa sévérité. Ils mentionneront surement également l'originalité de ses punitions, parfois très limites niveau moral et éducation, ce qui lui attire les foudres de certains parents d'élèves et le regard réprobateur de certains collègues enseignants. Mais peu lui importe : Cléo se moque bien du regard des autres et de leurs paroles, et, avoue-le, demeure un peu entêté...

D'ailleurs, il lui arrive parfois, même si cela demeure rare, de concevoir une rancune envers certains élèves qui peut s'avérer très tenace. Il peut se montrer également facilement cassant, et à tendance à facilement tourner en ridicule ceux qui osent le défier...

Malgré cela, il reste quelqu'un de facilement abordable, à la conversation posée, et parfois enrichissante. Il est toujours volontaire pour venir en aide à un élève, et témoigne d'un grand altruisme et d'une grande patience. Il est à l'aise à l'oral, il est difficile de le déstabiliser, même lorsqu'on lui parle de sa famille ou de sa folie : là dessus, son ancienne vie d'auror lui sert bien, même si elle lui a également apporté une tendance à la paranoïa le rendant méfiant envers les autres et, de ce fait, plutôt solitaire. S'il est agréable avec tout le monde, bien peu peuvent se prévaloir d'appartenir vraiment à un cercle d'amis, et le surprendre pendant son sommeil ou par derrière peut vous valoir un magnifique sortilège en pleine tête !

Bien que cela fasse déjà trois années qu'il enseigne à Poudlard, on connait peu d'éléments au final sur sa vie privée, et seules des recherches approfondies peuvent révéler son passé. Il n'en parle pas naturellement, certains sujets n'étant pas toujours faciles à aborder. On ne lui connait également aucune histoire d'amour, aucun flirt, aucune conquête. En réalité, bien qu'il ait réussi à faire le deuil de sa femme et qu'il soit plus ou moins en paix avec lui-même, il ne peut s'ôter l'espoir que ses recherches lui donnent de la ressusciter pour retrouver le temps béni de ses 20 ans. De plus, même si la blessure est guérie et qu'il pourrait être tenté de commencer une nouvelle relation, son esprit reste malgré tout marié à Aliénora, et ce, tant qu'il ne sera pas parvenu à la venger elle et sa fille, ou qu'il n'aura pas totalement échoué dans sa quête de résurrection. C'est malheureux, mais aimer quelqu'un, pour lui, ce serait être infidèle à la jeune femme... De ce fait, même si une histoire d'amour en rp est totalement envisageable, elle pourrait se révéler complexe et platonique, du moins dans un premier temps.

D'ailleurs, parlons un peu de ses rapports avec ceux qu'il aime. Cléhodore a perdu une certaine habilité et une certaine diplomatie dans ses relations avec les êtres proches. De ce fait, comme il a bien peu d'amis et encore moins d'amour, il se révèle très protecteur et susceptible à leur égard. Il est maladroit dans ses rapports aux autres lorsqu'ils dépassent la simple relation prof / élève ou collègues / collègues. D'un point de vue amoureux, il serait le genre d'homme à être d'une jalousie maladive, tournant parfois à l'obsession, possessif et exclusif. S'il s'efforcerait de se contenir au maximum, des crises d'explosion sont à craindre. En même temps, pour sa défense, depuis la mort d'Aliénora, il n'a jamais aimé personne, et la perte de sa femme et de sa fille est un traumatisme dont il est difficile de se relever totalement. Il ne veut plus jamais perdre un être chéri.

Enfin, dernier point de son caractère et non des moindres, parmi ses nombreux défauts, son attrait pour la magie noire est certainement son talon d'Achille. Il veut la maîtriser, et pense qu'elle peut apporter beaucoup de solution à ses problèmes. L'ennui, c'est que, malgré tout, il a toujours été attiré intellectuellement par cette forme de magie, par le pouvoir et la reconnaissance. Il sait qu'elle corrompt l'âme et l'enlaidit, mais il ne peut s'empêcher de ressentir une dangeureuse attirance pour elle...


Histoire: 1ère partie

Tout commence par la douceur d'un soir d'été. La nuit étendait encore son voile, et la jeune femme, épuisée par le long travail de la veille, était lovée dans un fauteuil d'osier, dans un jardin aux pieds d'une grande demeure familiale. Elle semblait distraite, perdue dans la contemplation d'un visage endormi, si petit qu'elle craignait de le blesser dans une simple caresse. La lune, ce soir-là, semblait s'être éprise d'affection pour la scène, offrant à la jeune mère le halo protecteur de sa pâle lueur.

Doucement, la jeune femme chantonnait en bulgare, un chant traditionnel de son pays d'origine. Elle serra un peu son enfant contre elle lorsque le vent se leva un peu. Elle frissonna, et ferma délicatement les yeux, éperdue dans l'instant. C'est une main ferme sur son épaule et un doux baiser sur son front qui la sortirent de sa rêverie.

« - Tu devrais rentrer chérie... »

La voix ferme et pourtant si tendre de son mari. Du père du petit garçon qu'elle tenait affectueusement dans ses bras. Julius Crossman.

Elle ouvrit délicatement ses grands yeux verts et sourit à son époux, avant de fixer à nouveau le petit être paisiblement endormi.

« - Il semble si fragile... »

Murmura-t-elle en agençant les couvertures autour de son fils. Julius sourit, avant de passer une main sur la joue du bébé.

« - Mais il ne l'est pas. Il ne le sera jamais. C'est un Crossman. Et un Istckov également. Tu n'imagines pas encore la force qui coulera dans ses veines... »

La jeune femme rit doucement, en passant un doigt sur les lèvres du petit garçon endormi.

Leur enfant.

Son enfant...


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

« Papa, je ne veux pas y aller ! »

« C'est pour faire plaisir à ton grand-père, fais un effort Cléhodore, c'est une tradition familiale que l'on se doit d’honorer. »

« Pourquoi ? »

« Parce que, cela s'est toujours fait, et cela se fera même après nous. Et puis, grand-père sera très fâché si nous n'y allons pas. »

« On s'en fiche, tu n'arrêtes pas de dire que notre famille est complètement folle. Pourquoi on rentre pas. Tu ne l'aimes pas beaucoup, hein, grand-père ? En plus, il est méchant parfois... »

Le père soupira et passa sa main dans les cheveux de son fils.

«  Bien sur que je l'aime. C'est mon père. Nous n'avons pas toujours les mêmes points de vue, c'est tout. Je sais que cette sortie ne t'enchante pas, mais il faut le faire. C'est la règle. Vivre en société, surtout vu notre rang, c'est se conformer à ces règles, parfois. Allez, Cléhodore, équipe toi maintenant ! »

Et c'était ainsi qu'il s'était retrouvé, quelques heures plus tard, au cœur de la plaine, en train d'assister à la capture d'un magnifique faucon. Lorsqu'il l'avait aperçu, fendant fièrement le ciel, s'enfuyant à l'approche de l'homme, le cœur du jeune garçon s'était subitement gonflé d'une certaine joie. Ils ne l’attraperaient jamais, celui là ! Le ciel semblait lui appartenir, et le vent obéir aux mouvements de ses ailes. Fier, impétueux, et terriblement libre.

Mais ils avaient brandi leurs baguettes. Le combat était injuste, et l'oiseau, luttant contre d'étranges vents contraires qu'il n'arrivait pas à comprendre, se démena jusqu'à ses dernières forces. Jusqu'à ce que les sortilèges incessants et les rires des hommes ne le contraignent à se rapprocher du sol, comme écrasé par un poids soudain, incapable de regagner l'azur malgré ses battements d'ailes furieux.

Un filet s’abattit bien vite sur l'animal libre, l'affolant complètement, l'obligeant à user de ses dernières forces pour tenter en vain de s'échapper. Le petit garçon voulait supplier son grand-père d'arrêter, mais il savait que cela ne servirait à rien. Il riait. Le spectacle lui semblait sans doute fort distrayant.

Malgré cela, Cléhodore ne put s'empêcher de se retourner vers lui. Il le fixa, avant de regarder le second oiseau, enchaîné à son gant, immobile comme une statue, une machine n'attendant que d'être mise en route pour accomplir sa besogne et cesser d'exister. Pourquoi ne pensait-il pas, lorsqu'on le délivrait de ses chaînes, à s'enfuir, à retrouver sa liberté perdue, à redevenir un prince du firmament arrogant de fierté et d'agilité, jouant avec les tempêtes ? Pourquoi ne pensait-il pas à crever les yeux de ces hommes stupides qui avaient cru l'espace d'un instant pouvoir enchaîner l'incarnation de la liberté ? Pourquoi cessait-il d'exister sans plus jamais combattre ?

« Tu vois, Cléhodore, la chasse au faucon est un art familial ancestral, qu'un véritable Crossman se doit de maîtriser. »

Annonça fièrement son grand-père. Le petit garçon ne voyait décidément vraiment pas ce qu'il y avait de prestigieux dans le fait de capturer un être libre pour l'enchaîner à son poignet et l'aveugler d'un bonnet idiot. En voyant le pauvre animal se débattre, il en eut presque la nausée. Il se détourna du spectacle pour croiser le regard de son père, cherchant chez lui une réaction, une révolte face à une telle barbarie. Il n'obtint qu'un petit sourire d'excuse et de réconfort.

Il fallait sans doute faire plaisir à son grand père. Cléo n'arrivait pas à comprendre cela aussi. On lui disait sans cesse de ne pas mentir, mais les grandes personnes ne cessaient jamais de le faire entre elles, derrière des sourires de courtoisie qui masquaient leurs véritables pensées et des comportements qu'il ne saisissait pas toujours...

Mais c'était sans doute cela, grandir...


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

« bois d'olivier et crin de licorne, une très jolie baguette, monsieur Crossman. »

Le marchand du chemin de traverse lui avait tendu avec douceur sa première baguette. Cléo l'avait regardé avec des yeux tout émerveillés, sous le regard attendri de ses parents. Sa mère le prit affectueusement dans ses bras, mais il tenta de s'en dégager maladroitement, bien qu'il adorait toujours autant l'affection débordante de sa mère. Il ne voulait pas que ses futurs camarades le voient ainsi ! Il était si fier... Il était si terrifié.

« Tu es un sorcier à part entière, maintenant. Il me semble que c'était hier que je te tenais dans mes bras ! Demain, tu rentres à Poudlard... »

Elle avait les larmes aux yeux, et, en riant légèrement, mais ému aussi, son père posa une main tendre sur l'épaule de son épouse. Cléhodore frissonna. Il comprenait qu'il prenait là un grand virage dans sa vie. Il regardait sa baguette avec des yeux où se mêlaient orgueil, envie, et peur.

Il allait rentrer à Poudlard...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


Réparti à Gryffondor ! Quelle honte ! La grand-mère ne cessait de lancer des regards courroucés au jeune garçon âgé de 11 ans qui lui avait annoncé la nouvelle par hibou. Elle haussa les épaules. Elle qui espérait qu'il montrait de belles prédispositions naturelles à maintenir les valeurs de la famille. Ce Cléhodore ! Cet enfant était incorrigible !

«  et tes parents, que vont-ils dire quand ils reviendront de leur étude sur les dragons Magyars ! Toute notre lignée fut à serpentard... Tu as de la chance qu'ils ne soient pas là ! Ils vont être très déçus ! »

Le jeune homme soupira et se retint de répondre trop sèchement à sa grand-mère. Ses parents l'avaient averti : pas de vagues. Ils n'avaient qu'elle pour garder l'enfant lorsqu'ils devaient s'absenter pour leurs recherches.

« Je doute que mon père se montre très ennuyé par cela. Il m'a toujours dit que cela n'avait aucune importance à ses yeux. Et puis, ma mère venait de cette maison et... »

« ta mère ! Cela ne peut venir que d'elle ! Le mauvais sang de la famille ! Mais pourquoi ton père s'est-il amourachée d'une trainée pareille ! Sans doute à cause d'une potion d'amortensia ! »

L'enfant s'était brusquement levé et avait jeté le vase de porcelaine que sa grand-mère agençait au sol, dans un mouvement de colère.

«  ma mère n'est pas une trainée! Je vous interdis de parler d'elle ainsi ! »

La grand mère devint rouge, et, dans un hurlement presque inhumain, elle ordonna au jeune garçon de regagner sa chambre, ce qu'il fit, le corps crispé, les poings serrés, des larmes de frustration plein les yeux.

Il n'avait rien d'un Crossman.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

« Monsieur et Madame Crossman nous ont quitté. C'est le cœur lourd que nous avons appris cette nouvelle. Ils ont apporté énormément à la communauté magique grâce à leurs recherches sur les dragons. Leur dernière expédition leur a été fatale. Puisse leurs âmes reposer en paix. Ils laissent derrière eux un jeune garçon âgé de 13 ans à peine. C'est dans une grande sincérité, nos esprit endeuillés, que nous présentons toutes nos condoléances aux familles des défunts et que nous... »

Cléhodore n'écoutait plus. Il détourna la tête du discours, retenant ses larmes avec fierté et courage, pour ne pas donner une raison de plus à sa grand-mère acariâtre de critiquer ses faiblesses. Désormais, c'était avec elle qu'il allait devoir vivre...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Un repas de famille, tout ce qu'il y a de plus banal. Cléo s'en souvient encore. Il revoit ses oncles et ses tantes, ses cousins, sa grand-mère, tous les Crossman réunis autour d'une grande table dans le jardin, riant et argumentant à leur guise. Lui, il était un peu à l'écart, un peu perdu. Il n'assistait jamais aux repas de famille, avec ses parents, et c'était le premier de cet envergure que la famille réalisait depuis leur disparition. Il ne connaissait pas la moitié des visages présents. Sauf ceux de certains élèves de Poudlard. Des serpentards. Tous. Cléo soupira. La soirée promettait d'être rude ! Mais bon, son père avait bien été aussi dans cette maison. Comme sa patience et sa sagesse lui manquaient, dans ces moments là.

Sa grand-mère s'avança avec une femme d'une quarantaine d'années et son fils, Tommy Hedelgarde, un jeune garçon dont Cléo ne gardait pas que des bons souvenirs. C'était sa tante. On ne pouvait pas dire qu'il la portait dans son cœur.

« ah, Cléo, tu es ici... dit-elle sur un ton méprisant. Vous avez eu bien de la générosité en l'acceptant ici, mère. Ce jeune homme à tout d'une graine de délinquants... »

L’insupportable cousin Tommy se mit à rire, ce qui eut le don d'énerver Cléo. Il voulait s enfuir dans sa chambre pour ne pas les voir, mais il savait que sa grand-mère ne l'entendrait pas de cette oreille.

« Il n'est pas toujours facile... »

« Pas comme mon Tommy, il est parfait, lui. On le voit tout de suite.... Oh, Cléo chéri, ce n'est pas de ta faute. C'est le sang de ta mère. Une famille de sorcier pur ruinée et dont tout une branche a été corrompu par du sang mêlée.. Tu ne peux rien y faire. Tu dois t'estimer déjà heureux de ne pas être un cracmol... La puissance de la lignée de mon frère s'est amoindrie lorsqu'il a fricoté avec elle... »

Elle tenta de lui caresser la joue dans un geste affectueux et mielleux, mais Cléo la repoussa sans ménagement, le regard noir, se retenant de lui jeter un sortilège.

« Cléo ! »

s'indigna sans grand-mère.

Sa tante eut un petit rire.

« Oh, ce n'est rien, mère. Vous avez fait ce que vous avez pu avec ce jeune homme, mais on y peut rien. Il n'est qu'à moitié Crossman, et on ne peut pas dire que le reste de sa lignée soit très.... digne. Pas comme mon Tommy. Tommy sera un grand sorcier. »

Cléo éclata de rire, et fixa sa tante.

« Oui, mon cousin sera certainement un grand sorcier, le jour ou la note Troll sera considérée comme la meilleure note possible... mais encore, même là, il pourrait se rater. Tes buses, Tommy, comment se sont-elle passées... ? »

Sa tante se crispa, et le dénommé Tommy, trop empêtré à réfléchir à une phrase dépassant les 9 syllabes, ne savait pas encore s'il devait frapper son cousin ou bien sourire béatement à son compliment.

« Je serai curieuse de savoir comment tu t'en es sorti, jeune arrogant... »
Lança t-elle froidement. Cléo se redressa fièrement.

« Mes notes ? Astronomie : Acceptable, Soins aux créatures magiques : effort exceptionnel , Sortilèges : Optimal , Défense contre les forces du Mal : Optimal ,Divination : Piètre , Botanique : Optimal, Histoire de la magie : Effort exceptionnel , Potions : Optimal, Métamorphose : Optimal... C'est sur, c'est plus difficile à retenir que celle de Tommy, qui ne peuvent osciller plus loin que Troll et désolant... »

Une gifle retentissante frappa sa joue, mais il en gardera toujours la fierté d'être resté droit, débout, inébranlable. Il toisa sa tante.

«  Parce que tu crois que les notations idiotes de professeurs travaillant dans un établissement aussi peu sélectif que Poudlard m’intéressent ?! C'est vraiment le genre d'endroit où je ne serai pas surpris de découvrir un jour des vélanes, des loups-garous, ou même des vampires, tiens ! Quand on commence à accepter des sangs-de-bourbes dans de tels établissements, c'est déjà un premier signe de déchéance. Ce que tes notes prouvent ? Que tu es un perroquet ma foi fort doué et que tu ne vaux guère mieux que la populace que tu fréquentes. Cela n'a aucune valeur. Tu sais faire léviter une plume, préparer une soupe de légumes dans un chaudron et planter une mandragore. Fabuleux. Et sinon, tu as quelque chose d'exceptionnel dans ton magnifique arsenal de connaissances ? »

Cléo se tut. Il avait travaillé dur pour prouver sa valeur à sa grand-mère qui ne cessait de le rabaisser, et avait osé espérer un peu de reconnaissance ou d'admiration. Mai lorsque sa grand-mère avait reçu son bulletin, elle l'avait mis au feu, comme un objet sans valeur, et maintenant, la mère de l'enfant le plus bête au monde le dénigrait en public sous les yeux de toute sa lignée. Et d'un côté, elle avait raison. Il était doué dans les apprentissages de poudlard, mais il n'était pas un grand mage. Cette altercation lui appris au moins une chose : pour relever ce défi, pour vraiment arriver à dépasser ses limites, il allait devoir sortir du champs classique de ses enseignements.

En attendant, sa tante souriait.

« Tommy, lui, est plus réfléchi, et bientôt, il connaîtra des sortilèges utiles et puissants. Ce n'est pas à poudlard qu'il apprendra ceci, mais bien à Durmstrang. J'en ai plus qu'assez qu'il ne fréquente que des dégénérés et de petits arrogants dans ton genre... Une école qui prône le culte de la déchéance magique ! Je comprends mieux tes résultats. Retourne soigner les furoncles des scroutts à pétards et changer des verre à pieds en dessous de table. Tommy, lui, va apprendre la vraie magie...»

Cléo se leva précipitamment, et, malgré les rappels à l'ordre, il s'enfuit se réfugier dans la forêt, toute proche. Il savait qu'il serait puni pour cela, mais il ne s'en préoccupait guère. Il allait leur prouver à tous, que rien n'était plus faux que de croire en la pureté du sang d'une lignée dégénérée. Il allait leur montrer de quoi il était capable. Un jour, il serait puissant. Il deviendrait Auror, ou même ministre ! ils ne pourraient faire autre chose que de reconnaître son talent. Et celui de sa mère.

Il courut jusqu'à s'exténuer, et finit par se recroqueviller au pied d'un arbre. Il mit la tête dans ses bras, pour ne pas qu'on le voit pleurer...

Au moins avait-il appris une bonne nouvelle...

ce crétin de Tommy ne serait plus là, l'année prochaine...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

La vie prend parfois de drôle de tournants. Celui de la vie de Cléhodore se prénommait Aliénora. Sa meilleure amie.

Aliénora... Une jeune fille au sang demi-vélane, d'une grande beauté, drôle, intelligente et vive d'esprit. Mais une fille prisonnière d'un corps génétiquement déformé qui l'obligeait à marcher d'un pas disgracieux, ses jambes tordues ne pouvant la porter normalement. Le rêve d'aliénora, depuis toute petite, c'était de pouvoir courir. Cléhodore espérait lui apprendre à voler.

Lorsqu'elle arriva, ils étaient tous les deux au comble de l'excitation et de la peur. Ils s'apprêtaient à commencer leur premier entraînement pour devenir animagus dans la salle sur demande. Une salle qu'ils avaient découvert tout à fait par hasard, et dont ils gardaient jalousement le secret . Pour qu'aliénora puisse être libre.

« Tu es sur que cela va marcher ? »

«  je ne sais pas. C'est très difficile, et dangereux. Mais à deux, nous pouvons déjà limiter les risques. Cela ne fonctionnera pas du premier coup. Il va nous falloir des mois et des mois d’entraînement, peut-être des années. Mais ça vaut le coup du prendre le risque, non ? »

Aliénora sourit. Oui, pour le rêve de toute une vie, cela valait le coup de prendre quelques risques. Surtout avec un ami prêt à l'accompagner. Elle regrettait un peu de l'avoir entraîné la dedans. D'être allée le voir, un après-midi, et de lui avoir montrer ses recherches sur les animagi. Elle mit sa main sur le poignet de son ami, avant qu'il ne commence.

« tu es sur ? »

La question était un serment. Après y avoir répondu, il ne serait plus possible de faire demi-tour. Cléhodore avait peur. Il ne connaissait que trop bien les risques d'une telle métamorphose. Mais il se rappelait encore de la timide jeune fille qui s'était assise maladroitement dans son wagon, lors de sa troisième rentrée à Poudlard, empêtrait dans ses béquilles. Il se rappelait d'avoir soupiré, avant même de la connaître, en la voyant. Pas qu'il ait fait partie de ceux qui se moquaient d'elle. Mais il avait eu un peu honte d'être vu en sa compagnie. Il avait eu encore plus honte quand le professeur de potions leur avait demandé de faire un travail en commun pendant tout un trimestre. Pourtant, c'était là qu'il l'avait découverte, et qu'il avait appris à la connaître. Rien que pour cela, il devait l'aider à accomplir son rêve. Et puis, ce n'était pas vraiment comme s'il allait manquer à quelqu'un, si cela tournait mal. Sa tante aurait sans nul doute de quoi rire pour les cinquante prochaines années !

« Oui, j'en suis sûr. »[/i][/right]

Elle baissa un peu les yeux.

« Tu sais, c'est dangereux Cléo. Et puis, on ne peut savoir avant d'y être parvenu quelle sera notre forme animagus. On dit que c'est une expérience unique, qui nous en apprend beaucoup sur nous, un peu comme lorsqu'on invoque son premier patronus... J'ai hâte de réaliser ces deux choses ! S'il faut, je me changerai en chèvre ! Ce qui n'arrangera pas nos affaires ! Je ne serai guère plus avancée en étant une chèvre sans pattes arrières... Je ne suis pas certaine que la métamorphose me permette de marcher normalement... Si tu veux faire demi-tour, c'est le moment... »

Cléo mit sa main par dessus celle d'Aliénora. Il lui sourit tendrement.

« Il est hors de question que je te laisse toute seule ! Tu ne crois pas que tu vas réussir sans moi tout de même ! »

Elle lui sourit, et, ensemble, ils invoquèrent la salle sur demande. Lorsqu'elle apparut, Cléo se tourna vers Aliénora avec un sourire provocateur.

« Avec un peu de chance, tu sera changée en araignée. Deux pattes en moins sur huit, ça ne posera pas problème ! »

Aliénora le foudroya du regard avant de lui asséner une bonne claque derrière la tête.

« Imbécile, va ! Je te vois bien en bourricot, toi ! Ou en vers de terre ! Crétin !»

Et c'est ainsi qu'ils pénétrèrent tous deux dans la salle sur demande, pour la première fois des quatorze mois qu'ils passeront à s’entraîner ardemment, après déjà de longs mois d'obsédante documentation théorique !

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Cléhodore avait tant changé durant ces dernières années. Le petit garçon maladroit et tendrement blagueur des débuts était devenu un beau jeune homme, un séducteur né, qui les faisait toutes tomber sur son passage. Un véritable don Juan en herbe !

Aliénora ne pouvait s'empêcher de le regarder avec un mélange d'amusement et de frustration. Il était là, accoudé au dessus d'une jeune femme appuyée contre un des vieux arbres du parc, en train de lui compter fleurette, ayant sans doute déjà oublié la précédente de la semaine dernière. Elle avait renoncé à suivre les amours de son meilleur ami : il lui aurait fallu une véritable plume à papote pour arriver à les noter assez vite sur une feuille afin d'en conserver la trace ! Elle n'osait même plus adresser la parole à ses petites amies du moment, de crainte qu'entre leur dernière rencontre et la nouvelle elles n'aient acquis le statut d'ex-conquête...

Les deux jeunes gens se levèrent. Aliénora ne pouvait s'empêcher de les observer cachée derrière son livre. Elle ne comprenait vraiment pas ce qu'il lui trouvait, à cette garce de Lilas Korrigan ! Elle était aussi cruche qu'idiote. Mais bon, elle était jolie...

Mais à peine les deux jeunes tourtereaux s'étaient-ils levés qu'une jeune femme au pas rapide s'approcha vers eux. Aliénore sourit. Cela allait être comique. Il y eut du grabuge, et Cléhodore fut gratifié d'une magnifique gifle avant que les deux conquêtes ne disparaissent simultanément dans un tourbillon de cris et d'injures. Loupé mon cher Cléo, il aurait peut-être fallut penser à prévenir ton ex compagne que tu la quittais avant d'en trouver une nouvelle !

Aliénore ne put s'empêcher de rire, replongeant distraitement dans son livre. Elle n'avait pas entendu les pas du jeune homme qui l'avait aperçu, de loin, et qui s'était si bien approché qu'il se tenait à présent devant elle, droit comme un i, les bras croisés sur sa poitrine.

« Tu trouves cela drôle, toi ? »

Elle rit de nouveau, et releva ses yeux de son livre.

« Peut-être pas drôle, non, mais amplement mérité, goujat ! »

Il ne put s'empêcher de lui sourire, et de s'assoir à ses côtés, manifestant un soudain intérêt pour son livre. Aliénora réprima un soupir. Depuis quelques mois, il la troublait, mais elle savait que jamais il ne l'avait envisagé autrement que comme une amie, et elle se refusait à le faire également ! Elle préférait mettre cette étrange sensation d'avoir des papillons dans le ventre lorsqu'il s'approcher sur le compte des hormones adolescentes. Ou d'un mauvais sort de leur professeur de DCFM... Il fallait vraiment qu'elle cesse de rire de sa tenue vestimentaire dans son cours. Et puis, elle avait des vues sensiblement plus intéressantes que le jeune gryffondor, tout de même. Peter Hécobus, notamment, ne lui déplaisait pas...

« tu es bien songeuse... »

La jeune femme baissa la tête.

« Je pensais au bal, je n'ai toujours pas de cavalier, et la date approche. »

Elle fixa ses jambes mal formées malgré elle. Elle comprenait que personne n'ait seulement songé à l'inviter à danser. Mais c'était dur, quand même, de se dire qu'elle serait surement la seule à se retrouver sans cavalier.

« et Peter ? J'ai cru comprendre qu'il te plaisait bien ! »

Elle lui lança un regard surpris

« tu m'écoutes maintenant quand je te parle de mes sentiments ? Mais on progresse, Cléo, on progresse... »

Cléo fit une légère grimace.

« Tu sais bien que je ne t'écouterai pas si je le pouvais. Mais tu me rabâches si souvent les mêmes choses que je suis forcé de retenir. »

Elle prit un air outré, avant de le pousser du coude. Ils se chamaillèrent un instant, et le silence revint pendant quelques minutes. Ce fut la voix de Cléo qui le brisa.

« tu devrais aller lui parler, l'inviter. C'est un brave garçon, Peter. »

Elle secoua la tête.

« Non, je crois que je préfère rester au dortoir. De toute façon les bals, c'est pas mon truc. »

«  Tu ne vas pas me faire croire que tu es la seule fille au monde à ne pas vouloir sauter sur une occasion de se parer de sa plus belle robe et de critiquer celle de sa voisine. Je ne te croirai pas Lién. »

Elle lui sourit, et remonta une mèche de ses cheveux, un peu gênée. C'est vrai qu'elle aurait bien voulu y aller, à ce bal... Il la regarda tendrement, et plongea son regard dans le sien.

« Va lui parler, ou je le ferai ! »

Dit-il avant de se lever rapidement, ne lui laissant pas le temps de réagir, et disparaissant aussi vite qu'un oiseau de proie fondant sur son gibier.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


«  Lien ? Ça ne va pas ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »

La jeune femme releva un visage baigné de larmes vers son ami. Pourquoi fallait-il toujours qu'il la retrouve au moment le plus inopportun ? Il s'assit sur les marches de pierres à ses côtés, repoussant ses béquilles avant de sécher doucement ses pleurs.

« C'est rien, ne t'en fait pas... »

Mais Cléhodore n'eut pas besoin de parole pour spécifier qu'il ne partirait pas tant que les choses n'auraient pas été tirées au clair. Cependant, Aliénora préférait éviter d'exposer ses raisons à son camarade. Des fois qu'il déciderait d'intervenir...

«  Un truc de fille. »

Répondit-elle avec un faible sourire. Le regard de Cléo montra cependant qu'il n'était pas dupe. Le jeune homme fronça les sourcils.

« C'est Peter, c'est ça ? »

Aliénora écarquilla les yeux. Puis elle soupira, vaincue. De toute façon, si elle voulait pouvoir avoir la paix, il valait mieux lui dire la vérité.

« C'est rien. Il... Il a refusé mon invitation au bal, c'est tout. Ça me contrarie, parce qu'il me plaisait bien. Je t'ai dit que ce n'était pas grand chose. »

Elle n'ajouta rien, omettant volontairement de parler de l'humiliation qu'il lui avait fait subir en se moquant d'elle et en la tournant en ridicule. Mais elle n'eut pas besoin de parler. Cléo pouvait vraiment être perspicace, quand il le voulait.

« Tu sais ce que ça signifie, que cet imbécile ne te méritait pas. Il s'est puni tout seul, le bougre. Mais bon, je peux quand même aller lui casser la figure. »

«  Non Cléo, je ne préfère pas ! Pas de combat ! Tu reste en dehors de tout ça ! »

« D'accord... »

Il y eut un petit silence, avant que Cléo n'enchaîne :

«  Bien, nous irons donc au bal ensemble. »

« Ne me dit pas que tu n'as pas de cavalière. »

« J'en ai une, puisque tu viens avec moi. »

Péniblement, Aliénora se leva. Elle prit un air fier qui avait le don d'agacer Cléo autant qu'il lui plaisait...

«  Je ne veux pas que tu m'invites par pitié. Je sais très bien que tu y va avec Ewa Guedol. Elle l'a déjà raconté à toute les filles de l'école. »

Cléo se leva en riant.

« Hé bien tu te trompes, je n'y vais pas avec Ewa, puisque j'y vais avec toi. Bon, elle n'en est pas encore informée, mais, au pire, je m'en sortirai avec un lot de gifles supplémentaires. Une vieille habitude. Tu es bien plus drôle qu'Ewa, et j'ai toujours eu envie de te voir dans une autre tenue que ce vieil uniforme. »

La jeune fille était un peu sceptique, mais elle accepta. Elle voulait tant y aller.

« d'accord, j'irai avec toi, à ce bal. »

Maugréa-t-elle. Cléo rit un peu.

« Oh, je ne voudrai pas te forcer ! »

« n'en fait pas trop, Cléo. Bon, filons nous entraîner pour ce que tu sais. Il ne nous reste que quelques mois avant de passer nos aspics, et je compte bien maîtriser notre talent avant ! »

Cléo soupira. Elle pouvait être si entêtée, la petite Aliénora. Il allait falloir maintenant qu'il annonce à Ewa qu'il n'irait pas au bal avec elle. Une des plus belles filles de Poudlard. Cléo ne pouvait empêcher un petit pincement de cœur de se faire sentir en pensant à cela. Mais bon, sa chère Aliénora valait bien un petit sacrifice comme celui-là. C'était sa meilleure amie, et cela n'avait pas de prix... Mais quand même, Ewa... Elle allait devoir être sacrément sympa pour qu'il digère ça ! Il se leva à son tour, mais il bloqua la route de son amie.

« Mais avant tout, une question, limaces ou pustules ? »

« Quoi ? »

« Pour Peter, limaces ou pustules ? »

« Cléo ! »

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Éblouissante. Il n'existait pas d'autres mots. Cléhodore était figé, incapable de bouger, en voyant descendre ce garçon manqué de Liena, ses cheveux délicatement relevés en un magnifique chignon d'où s'échappaient quelques mèches sauvages, ses épaules fines dénudées, son visage maquillé. Elle se déplaçait sans ses béquilles, elle y avait tenu. Elle parcourait les marches, accrochée à la rambarde, d'un pas maladroit, mais si touchante, si gracieuse dans son étrange démarche.

La chenille était devenue papillon.

Lorsqu'elle arriva près de Cléhodore, elle rougit un peu, alors qu'une de ses camarades de maison lui rendait ses béquilles, ramenant brusquement le petit papillon à son état de chenille.

«  ça va ? J'ai pas l'air trop.... cruche ? »

Cléhodore secoua la tête.

« Non... Tu... tu es parfaite... »

Elle rit timidement, après avoir violemment rougit, alors qu'il lui offrait son bras pour qu'elle s'y accroche afin de regagner la salle de bal. Il ne pouvait s'empêcher de la regarder, dans sa longue robe bleue qui renforçait l'azur de ses yeux et masquait aux yeux de tous la difformité de ces jambes pourtant fines et délicates. Quelques coups de cuillère sur un verre de cristal ramenèrent le silence dans la salle. Un petit discours plus tard, la directrice de Gryffondor annonçait l'ouverture du bal. Alienora lâcha le bras de son cavalier, et le regarda avec douceur.

« Tu vas t'ennuyer si tu restes avec moi... Après la chanson d'ouverture, pars en chasse, Casanova ! Je suis sure que, cavalier ou pas, il n'y a pas une fille qui te refuserait une danse... sauf peut-être tes ex. »

Cléodhore secoua la tête.

« Hors de question, je reste avec toi. »

Alienora lui caressa tendrement la joue.

« Va t'amuser ! C'est ton dernier bal ici. C'est notre septième année, tu te souviens ? Rends cette soirée inoubliable. Je serai une piètre cavalière, tu ne crois pas, empêtrée dans mes béquilles. »

Elle lui embrassa délicatement la joue.

« File, va, je vais t'attendre pour boire un verre, après et... merci, Cléo, Merci beaucoup... »

Elle semblait émue, et elle s'éloigna de lui en claudiquant entre ses béquilles, alors que la musique démarrait et que les élèves ouvraient le bal sur une magnifique valse. Déjà, Hilda Judith s'avançait vers lui, un sourire espiègle aux lèvres, tel un vautour sautant sur une occasion rêver de s'accaparer le beau brun. Mais il l'ignora avant même qu'elle ne l'atteigne. Une colère profonde l'avait envahie. Il s'avança rapidement et saisit brusquement le bras d'Alienora qui retint un cri de surprise et ouvrit les yeux d'étonnement. Sans lui laisser le temps de réagir, il captura ses mains, laissant les béquilles tomber.

« Mets tes pieds sur les miens... »

« Mais Cléo... tu fais n'importe quoi... »

« Mets tes pieds sur les miens s'il te plaît. »

répéta t-il doucement, mais fermement. C'était comme cela que ses parents lui avait appris la danse, lorsqu'il avait dû se conformer à cet exercice. Aliénora rougit, hésitante, puis obtempéra. Elle posa ses ballerines sur les chaussures cirées du jeune homme, sous le regard bienveillant et encourageant d'un certain directeur de Poudlard... Cléo lui sourit un peu timidement et plongea dans ses grands yeux bleus. Et ce fut une révélation. Une évidence qui vous saute à la figure et ne vous lâche plus. Cette fille serait la femme de sa vie. Et il lui avait fallut sept longues années pour le comprendre. Pour la première fois depuis son enfance, il rougit face à une jeune fille, ce qui provoqua un léger rire de sa partenaire. Et un peu maladroitement, ils commencèrent leur danse, tandis que dans un coin, en silence, un dénommé Peter, couvert de pustules, les foudroyait du regard.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

« Tu es sûr que c'est vraiment ce que tu veux, c'est dangereux, tu sais ? »

« Si tu n'es pas d'accord, je... j'y renoncerai. »

Aliénora soupira. Elle savait que c'était le rêve de toute une vie. Mais elle avait peur. Devenir auror... Elle ne voulait pas le perdre. Bien sur, qu'il était doué, mais s'engager dans cette voie, en ces temps difficiles...

Elle voulait puiser en elle le courage de le lui refuser, mais elle n'y parvenait pas. Pour la dernière fois, ils étaient installer, tout les deux, au sommet d'une des falaises bordant le lac de l'école, un de leur coin favori. Eloigné de tout, inaccessible et secret. Un lieu que seule une hirondelle et un faucon pouvait atteindre.

Elle regarda à nouveau Cléhodore. Tant de choses avaient changé en quelques mois. Durant leur dernière année, ils avaient appris à maîtriser presque parfaitement leur capacité d'animagi, et depuis le bal de Noël, ce n'était plus côte à côte qu'ils se déplaçaient, mais main dans la main. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, Cléo n'avait jamais lâcher la sienne, durant ces derniers mois, ce qui, pour un tel séducteur, était un exploit.

Elle baissa la tête. Et elle ferma les yeux. Il avait pris tant de risques pour réaliser son rêve. Il avait été une épaule et une aide précieuse. S'ils n'avaient pas été ensemble, ils n'auraient jamais pu devenir des animagi. Et cela les avait liés à jamais. Elle, la petite fille qui rêvait de voyager loin, sans jamais pouvoir bouger sans ses béquilles. Elle qui rêvait de courir, avait appris à voler grâce à lui. Elle était une hirondelle.

Et lui était un faucon, gracieux, rapide, indomptable.

Enchaîné un tel animal lui paraissait un crime. La petite hirondelle regarda l'oiseau de proie, et ses lèvres dirent le contraire de ce que ses yeux baignés de larmes exprimaient...


Dernière édition par Cléhodore Crossman le Ven 13 Jan - 22:41, édité 40 fois
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Cléhodore Crossman
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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Lun 9 Jan - 22:32

Histoire : 2ème partie

« C'est une fille... »

Le jeune papa de 19 ans et demi se leva, les mains moites. Ils étaient à peine sortis de l'enfance que, déjà, ils se retrouvaient parents. Il en était si angoissé... Il doutait, terrifié, jusqu'à ce qu'on lui amène l'enfant pour qu'il la tienne dans ses bras. Ce petit fragment de vie. En la voyant, il sentit son cœur fondre. Elle était si jolie, paisiblement endormie... Lorelaï... c'était ainsi qu'ils avaient décidé de la nommer.

Les temps à venir étaient difficiles. Ils n'avaient que peu d'argent, Cléhodore n'ayant pas encore achevé sa formation d'auror, sachant très bien que, tant qu'il serait avec Aliénora, sa grand-mère ne lui accorderait aucune aide.

Mais en cet instant, cela n'avait pas d'importance.

Il tenait entre ses bras une petite vie qu'il avait créée.

« Elle est très jolie... »

dit l'infirmière, ce qui l'emplit de fierté. Elle devait sûrement dire cela à tous les parents. Il s'en doutait. C'était idiot de sa part de ressentir autant de joie pour cette simple phrase. Mais il ne pouvait s'en empêcher. Oui, sa fille était jolie. C'était même la plus jolie sorcière qu'il eut jamais vu.

« Je peux voir ma femme ? »

dit-il doucement. Ils n'étaient pas encore mariés, mais désormais, il était plus que déterminé à lui demander sa main. Là, maintenant, maladroitement... peut importait. Il ne voulait pas les perdre, jamais.

« rien qu'une minute alors, elle est très fatiguée. »

Il entra dans la pièce, timidement. Aliénora était allongée dans un lit, les rideaux tirés, couverte encore de sueur et visiblement épuisée. Il s'avança vers elle. Elle sourit en le voyant. Il s'assit précautionneusement sur son lit.

« ça va ? »

Demanda-t-il doucement. Elle hocha la tête, et il caressa ses cheveux. Puis, il détourna le regard, gêné. Elle fronça les sourcils, inquiète, craignant lire dans ces yeux une mauvaise nouvelle, une tentative de fuite... Elle le connaissait pourtant bien, mais la naissance de Lorelaï n'était pas prévue, ou du moins, pas si rapidement.

« oui, ça va... »

« Cléo, je te connais, si quelque chose te travaille.... »

« rien, des broutilles, je t'en parlerai plus tard... »

se contenta-t-il de dire, ce qui ne fit qu'accentuer son inquiétude.

« Cléo, je veux savoir... »

« rien, je t'assure... »

« Cléo, dis moi, tu m'inquiètes drôlement... »

« je t'assure que ce n'est rien... »

« Cléo, je veux savoir ! »

« Veux-tu m'épouser ? Voilà, tu es contente ! »

Lâcha t-il, excédé par l'interrogatoire de sa compagne. Elle le regarda fixement, surprise, avant d'éclater de rire, ce qui eut pour effet de secouer son corps frêle. La grossesse avait été difficile. La jeune maman en avait si bien souffert qu'elle en paraissait amaigrie.

« Je suis désolé... ce... ce n'était pas le bon moment. »

Aliénora passa tendrement sa main sur la joue de Cléo dans un geste presque maternel, comme elle le faisait souvent pour l'apaiser lorsqu'il était en colère et troublé. Il était si attendrissant, si maladroit, le futur grand auror, le tombeur de ces dames, le grand Crossman à la lignée aussi pure à ce qu'il paraissait que le grand Salazar Serpentard !

Elle observait ce grand nigaud se maudire intérieurement d'avoir fait une demande en mariage si pitoyable. Pourtant, c'était la plus belle qu'il eut pu trouver, à ses yeux. Pleine de cette spontanéité naturelle qu'elle aimait tant chez lui, de maladresse, de tendresse et de confusion.

Elle lui sourit...

« Tu ne pouvais pas trouver meilleure façon, et meilleur moment... »

Lui dit-elle, pleine de tendresse. Cléhodore sourit, et ôta avec difficulté l'alliance de son père, qu'il avait conservé depuis sa disparition autour de son cou, puis, de son doigt. Il saisit la fine main d'Aliénora, et il la glissa à son pouce. La jeune femme sourit amoureusement.

« Je n'ai pas encore dit oui... Je peux garder la bague quand même ? »

Cléo eut l'air surpris, avant de rire sincèrement.

« Tu as de la chance d'être alitée ! »

Elle se redressa difficilement, affaiblie par l’accouchement, et passa ses bras autour du cou de son époux, entourant ainsi la petite famille qu'ils formaient, désormais.

« Oui, je veux bien vous épouser, M.Crossman... »

L'infirmière toqua à la porte.

« M.Crossman, il faut y aller, à présent. Cette jeune femme a besoin de repos. »

Les deux futurs époux se séparèrent, non sans un baiser. A contre-coeur, Cléo quitta la chambre d'hopital. Mais il était heureux. Il savait que quelqu'un allait partager ses jours avec lui, jusqu'à la fin de leur vie. Il ne saurait en être autrement. Il l'aimait tellement...

Il en eut un petit sourire puéril. Il était père d'une petite fille issue d'une sorcière mi-vélane, mi sang-mêlé. Et il s'apprêtait à l'épouser. Sa grand-mère allait le tuer.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

« M. Cléhodore Crossman. C'est avec la reconnaissance et l'admiration de tout que je vous décore pour le service que vous avez rendu à la communauté des sorciers, lors du démantèlement d'une cellule de mages noirs de Liverpool qui a débouché sur l'arrestation de plusieurs mages noirs et sur la disparition de Augustus Yanovski. En tant que responsable du service des Aurors, conjointement au ministère de la magie, nous vous remercions. Vos débuts sont plus que prometteurs, M.Crossman !»

Des applaudissements retentirent dans la pompeuse salle de réception, alors que le responsable passait désormais à un des partenaires aurors de Cléhodore qui l'avait aidé dans sa tâche. Le jeune auror lança un regard discret à Aliénora et lui fit un petit clin d’œil, bombant inconsciemment le torse. Elle ne put s'empêcher de lever les yeux, exaspérée et amusée par un comportement aussi puéril chez un sorcier si doué. Elle lui tira donc tendrement la langue en retour, ce qui eut pour effet de faire retenir un rire à son époux.

« Mon pauvre Cléo, tu ne changeras jamais, toujours aussi prétentieux ! »

Murmura-t-elle pour elle-même.

« Papa ? »

La petite voix de Lorelaï s'éleva, maladroite, alors qu'elle tendait un bras vers son père. Aliénora la berça doucement, en souriant.

« Qui ça? le grand dadet qui bombe le torse là bas? Oh! mais oui, je crois bien que c'est papa... Et il parade comme un coq ! Il va nous faire une tête comme ça pendant des mois, avec tout ça. Je t'assure, ma princesse, il va être insupportable ! »

La petite fille, âgée de 1 an et demi, regarda sa mère en penchant la tête, ne comprenant sans doute pas un traitre mot de ce qu'elle disait. Pour conclure cette échange, elle se contenta de répéter :

« Papa ? »

Aliénora soupira.

« Oh non, tu ne vas pas t'y mettre aussi! Et voilà, une admiratrice de plus pour ton père, je vais craquer, moi ! »

Mais elle n'en pensait pas un mot. Bien au contraire, elle regardait son époux, non sans fierté également. Il était si séduisant, dans son costume d'apparat. Elle allait devoir redoubler de vigilance, si elle ne voulait pas voir des groupies autour de son bel auror... 21 ans, et déjà si talentueux... la mascotte du ministère ! Un nouvel espoir, très prometteur... Certes, il manquait un peu de maturité, mais elle n'en doutait pas, il irait loin. Et elle en était heureuse et fière. Mais malgré cela, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir un étrange pincement de lui étreindre le cœur. Comme un mauvais pressentiment. Une intuition qui ne la quittait pas, depuis que, en haut de la falaise qui surplombait le lac de Poudlard, elle avait eu la confirmation de son désir de devenir auror... Elle se ressaisit. Elle refusait qu'une simple intuition gâche la fête.

Elle n'avait pas remarqué que dans son dos, la silhouette d'une vieille femme encapuchonnée, Mme Mordebrume, fixait avec haine son époux, avant de reporter son attention sur elle et son enfant... son regard redoublant d'intensité.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

"Mme Mordebrume, morte?"

"Oui, sa mort remonte à dix jours, semble-t-il... Vikki l'a retrouvé jetée dans une armoire, assassinée."

"quel choc cela a du être pour lui... sa vieille tante..."

Assit à son bureau, Cléhodore se retourna rapidement.

"vous dites que Mme Mordebrume, la tante de Vikki, a été tuée il y a 10 jours? Mais, c'est impossible! Je l'ai vu à la cérémonie de décoration, il y a trois jours! Elle m'a salué, lorsque je suis arrivé, avec Vikki!"

"tu en es sûr, Cléhodore?"

"certain!"

Un lourd silence s'installa, et une perle de sueur glissa le long de l'échine de Cléhodore. Si ce n'était pas Mme Mordebrume qui était à la cérémonie, qui avait bien pu prendre sa place?


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


« C'est ça, notre nouvelle maison ? »

la petite fille de quatre ans poussa en souriant la porte du petit portail en bois, curieuse devant la vieille bâtisse de pierre qui se dressait devant elle. Cela allait la changer de leur petit appartement de Godric's Hollow ! Ils allaient enfin emménager dans une véritable maison, un peu plus près de Londres. Encore une fois, Cléo ne put s'empêcher de prendre une expression fière. Il allait enfin pouvoir offrir à sa famille la vie qu'elle méritait. Aliénora s'approcha de son mari.

« tu es sûr que ce n'est pas trop pour nous ? »

Il l'enlaça tendrement.

« Rien n'est trop beau pour vous... et puis, j'ai eu une belle augmentation. Je suis un de leurs meilleurs éléments, après tout ! Il faudra juste finaliser le prêt avec ces maudits gobelins de Gringotts, et on pourra emménager. L'affaire de deux ou trois jours. On aura vite remboursé notre dette. Ne t’inquiète pas... La maison te plaît ? »

Aliénora sourit à son mari, mais, au fond, le cœur n'y était pas. Plus que jamais, elle ressentait cet étrange pressentiment qui lui torturait l'âme depuis de très longues années. Il se faisait à chaque fois plus intense, lui criant de s'enfuir au loin, de tout cesser, de pousser Cléo à tout abandonner. Mais c'était sûrement idiot. Un simple pressentiment... Elle rit légèrement. Elle pouvait être sotte, parfois. Mais elle craignait chaque soir, avec cette maudite guerre, qu'un jour, Cléo ne revienne pas... Et puis, elle avait toujours été l'élève la plus douée de sa classe, en divination. Elle frissonna, et tenta de chasser ses pensées de son esprit. Mais en vain. Il fallait qu'elle lui en parle... Il le fallait.

« Mais oui, c'est parfait... mais Cléo... »

« Maman ! Papa ! Il y a un saule pleureur ! Juste là ! Regardez ! »

Les deux parents tournèrent leur regard vers la petite fille enchantée, qui riait en jouant à se glisser sous les feuilles d'un jeune saule pleureur.

« et ne t'en fais pas ma belle, il deviendra encore plus grand si tu t'occupe bien de lui... »

dit Cléo, les yeux brillants de joie en voyant son enfant s'amuser ainsi. Il se tourna vers son épouse, reprenant un air sérieux et attentif.

« que voulais-tu dire, Lien ? »

La jeune femme se mordit légèrement la lèvre, avant de reprendre un air jovial.

« Non rien. Je voulais justement faire remarquer que pour une fois, tu avais eu bon goût... enfin, pour la seconde fois, plus exactement... Vu que la première, c'était quand tu m'as épousé. »

Il rit. Elle lui répondit par un sourire, et s'avoua vaincue. Elle lui en parlerait plus tard.

Il la lâcha, pour appeler sa fille, qui vint immédiatement, les joues rougies par la joie et l'excitation.

« Regarde, là, tu vois ce petit bout de jardin, au pied du portail, entouré de petites pierres ? Hé bien si tu le veux bien, ce sera ton jardin. Le premier qu'on verra en entrant dans la maison. Tu pourras y planter ce que tu veux. Des pensées, des jonquilles, des roses...»

Les yeux de la petite fille brillèrent.

« Et même des tulipes ? »

« Même des tulipes ! »


répondit son père en riant. La petite fille prit un air déterminé d'adorable peste capricieuse et attendrissante.

« alors, je planterai des tulipes, que des tulipes, de jolies tulipes blanches ! »

tendrement, son père lui ébouriffa les cheveux en riant. Elle aurait un sacré caractère, plus tard. Les garçons n'auraient qu'à bien se tenir !

Un peu en retrait, Aliénora regardait la scène, attendrie. Une bourrasque de vent emporta son foulard, la contraignant à se détourner de la scène pour récupérer l'étoffe translucide. Lorsqu'elle se releva, elle se figea. Là, juste en face, appuyé contre un arbre, un inconnu vêtu de noir les observait, un sourire impatient aux lèvres. Elle se retourna rapidement.

« Cléo ! »

Lâcha t-elle, terrifiée.

Son mari approcha vite, mais, lorsqu'elle reporta son attention sur l'arbre, la silhouette avait disparue.

« qu'est-ce qui se passe ? »

Elle s'appuya contre Cléo, tendrement, avant de sourire d'un air peu assuré.

« Non, rien... ce n'était rien... »

Son esprit devait lui jouer des tours. Elle se lova tendrement contre son époux. Il allait ajouter quelque chose, mais, une nouvelle fois, Lorelaï les interrompit, en tendant à son père son livre favori.

« On lit une histoire sous le saule, s'il te plait ! »

Cléo sourit.

« On aura tout le temps de le faire, tu ne crois pas. »

« mais papaaaa... steuplé, steuplé, steuplé ! »

Il regarda amoureusement sa femme, puis soupira d'un air résigné, avant d'obtempérer. La petite famille se glissa donc sous les longues feuilles du petit saule, et s'assit contre le tronc encore fragile de l'arbre juvénile. Cléo prit le livre, alors que la petite fille s'asseyait à genoux devant lui, les mains sur les cuisses, fermant les yeux. Elle faisait toujours cela. Elle disait qu'elle voyait mieux les histoires dans sa tête, ainsi. Cléo eut un nouveau sourire. Il adorait ces petites manies enfantines. Sa voix grave et douce commença doucement la lecture du petit livre moldu...

Citation :
Au sommet d'une haute colonne, dominant la ville, se dressait la statue du Prince Heureux.
Tout entier recouvert de minces feuilles d'or fin, il avait deux brillants saphirs en guise d'yeux, et à la poignée de son épée brillait un gros rubis rouge...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Dès qu'il avait poussé la porte du petit portail en bois, il avait su que quelque chose n'allait pas. Ses mains étaient devenues moites, et son cœur avait manqué un battement. La lune éclairait d'une lueur blafarde le petit jardin, plongeant la demeure dans une aura létale. Instinctivement, il avait porté la main à sa baguette, et s'était avancé, avant de remarquer quelque chose de blanc étalé sur le sol. Il avait plissé les yeux, avant de les écarquiller d'horreur: les précieuses et magnifiques tulipes ensorcelées de Lorelaï, plantées là quelques mois plus tôt, gisaient sur le sol comme un tas de petits ossements.

Cléhodore ne put se contenir plus longtemps, il entra dans cette demeure qui lui était devenue étrangère dans un mouvement de précipitation. La maison était silencieuse, bien trop silencieuse. La pénombre l'avait envahie, comme si toutes les lumières s'en étaient allées avec ses occupants.

" Aliénora, Lorelai?"

Appela t-il d'une voix bien moins assurée qu'il ne l'aurait voulu.

Il s'avança dans le petit salon, n'osant pas allumer la lumière, par crainte de prendre conscience d'une réalité bien trop cruelle. Mais la lumière artificielle n'était pas nécessaire. Il avait juste fallut un rayon de lune pour révéler la tragédie. Baignant dans ce pâle éclairage, Lorelaï était recroquevillée contre sa mère, dans l'un des angles de la maison, immobiles comme des statues de cire. Lentement, baissant totalement sa garde, Cléhodore s'avança.

Elles étaient si belles, endormies ainsi, figées toutes deux dans un instant d'éternité, la petite fille serrant contre elle les contes d'Oscar Wilde, recueil où se trouvait le récit du prince bienheureux. Son histoire préférée.

Sa mère, la tenant tendrement enlacée, comme si elle cherchait à la bercer pour l'apaiser, le visage encore couvert des pleurs versés.

Rompant l'immobilité mortuaire de la scène, il se précipita à leur côté, s'agenouillant près d'elles. Encore une fois, il les appela. Mais encore une fois, elle ne répondirent pas.

Maudit orgueil qui l'avait poussé à ne devenir que plus puissant, qui lui avait conféré cette arrogance terrible! Maudite fierté qui n'avait cessé de étreindre à la folie, inondant ses lèvres de mépris pour ses adversaires, de défis, et d'ironie, le faisant se croire invincible!

Invincible, il aurait tout aussi bien pu l'être... Peut importait... Elles, elles étaient fragiles. Elles, elles étaient ses victimes peut-être plus encore que celles de leur bourreau.

Il comprenait désormais la docilité de ces grands oiseaux de proie, lorsqu'on leur ôtait ce qui les faisait exister. Il comprenait.

Le faucon était enchaîné. Il avait cesser d'exister.

Cléhodore avança une main tremblante vers le visage de Lorelaï.

Il entendit les pas qui se glissèrent derrière lui, mais il ne réagit pas...

Cela ne pouvait être vrai.

Ses doigts s'avancèrent lentement vers la joue trop blanche.

Dans son dos, une baguette magique était brandie.

Sa peau frôla la peau de son enfant.

Une peau trop froide.

Une peau glaciale.

La peau d'un mort.

Ce fut la dernière chose que ses doigts sentirent, cette nuit là.

Lorsque la présence se fit trop intense, il se retourna. Il eut juste le temps de voir ce visage qu'il poursuivrait éternellement, et d'entendre un sortilège...

Le sortilège qui lui laissera toute sa vie durant cette horrible cicatrice sur ses lèvres...


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Elle était belle, cette hirondelle...

C'était la plus belle qu'on eût jamais vu. A chacun de ses départs, Le prince attendait qu'elle revienne faire le printemps dans son cœur. Oui, elle était belle, cette hirondelle. Et désormais, Le printemps ne reviendra jamais plus comme avant.

Les dates et le temps n'ont plus aucun signification, quand ce qu'on a de plus précieux s'est éteint. Ce soir là, Chronos semblait s'être figé en se penchant sur les lèvres du jeune oiseau qui tenait encore entre ses bras le corps sans vie de son enfant. C'est si fragile, une hirondelle. Un souffle glacial suffit à les éteindre. Elles courent par le monde pour que l'hiver ne les rattrape jamais. Mais ce soir là, il avait gagné.

Citation :
- Maintenant vous êtes aveugle, dit-elle. Alors je vais rester avec vous pour toujours.
- Non, petite Hirondelle, dit le pauvre Prince.
Il faut que vous alliez en Égypte.
- Je resterai toujours avec vous, dit l’Hirondelle.

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La pièce est blanche. Bien trop blanche pour être réelle. Bien trop froide pour être habitée. C'est une pièce comme celle qu'on trouve dans les hôpitaux, suspendue dans le temps, comme figée, en suspens, attendant la mort ou la guérison. Une pièce où tout s'efface.

Cela faisait des années qu'il n'avait pas dit un mot. Ni même esquisser un simple geste. C'était à se demander si cette silhouette était encore en vie. Elle restait là, immobile, assise tel une statue sur un triste piédestal, à regarder les oiseaux voler à travers la fenêtre striée de barreaux. Ou à ne rien voir. Inconsciente peut-être d'exister encore. Incapable de comprendre les voix qui l'entouraient et qui, peu à peu, s'était faites moins intenses, moins nombreuses, jusqu'à devenir ce silence de mort qui chassait toute présence humaine de la pièce.

Citation :
« Ce fut un grand auror, autrefois. Un avenir très prometteur... »

« Ce qui est arrivé à sa femme et à sa petite fille, c'est horrible... »

« On a jamais arrêté ceux qui ont fait cela.... »

« Torturer jusqu'à la folie, vous imaginez donc ? »

« Pendant sept semaines... »

« Il ne se relèvera jamais. »

« quel gâchis... »

Ces voix, si présentes, si idiotes, si lointaines, si absentes... Elles s'en étaient allées comme elles étaient venues, tout aussi soudainement, lorsque, petit à petit, le temps fit son ouvrage et ôta des lèvres ce sujet de discussion pour le remplacer par un nouveau : la victoire d'un certain Harry Potter contre celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

Une réjouissance à laquelle jamais Cléhodore ne participa. Pour lui, tout s'était arrêté le 24 janvier 1981.

Ce qui signifiait, pour ce qui avait encore une montre, pour ceux qui vivaient là-bas, loin de la terrible frontière qu'était le seuil de la porte de cet univers bien trop blanc, il y a près de 7 ans...


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


L'infirmière plia soigneusement les draps de la pièce blanche, si petite, si éclatante. Un des pensionnaires de l’hôpital Sainte-Mangouste était parti, ce matin là. Mais pour une fois, ce n'était pas en passant par la morgue...

C'était étrange, elle s'était attachée à ce sorcier silencieux, au regard intense, et pourtant si lointain. A ce qu'il paraît, il avait été connu, sans avoir eu le temps d'accéder à une véritable célébrité. La jeune femme haussa les épaules. Cela n'avait guère d'importance. C'était sans doute encore des rumeurs infondées pour essayer d'endiguer un quotidien difficile.

Elle tapota l'oreiller en souriant.

M.Crossman avait été un bien étrange patient. Un des rares à avoir put « guérir ».

Guérir...

Le terme semblait bien imprécis, presque injurieux. Pouvez-t-on réellement considérer qu'on pouvait « guérir » de cela ? Quel personne serait assez vaniteuse pour admettre une telle chose ?

Olly, la jeune infirmière, en savait quelque chose. Elle s'était personnellement occupée de M.Crossman depuis qu'elle avait intégré le service. Quel étrange bonhomme.

Pendant des années, elle l'avait vu vivre dans un silence et une immobilité presque irréelle. Son âme semblait avoir désertée son corps, comme sous l'effet du baiser d'un détracteur, bien qu'il n'ait jamais eu à subir pareil chose.

Et puis, un beau jour, il avait « guéri »...

Il avait frémi. Tout simplement.

Cela avait commencé ainsi. Pour les gens qui ne sont pas habitués, c'est bien peu de choses. Et pourtant, c'est un grand pas en avant, pour un tel patient. Et puis, les mois et les jours avaient passés. Ce fut un travail long, très long, mais, étrangement, malgré les souvenirs douloureux et la folie, M.Crossman avait apparemment eu envie de reprendre le combat. Avec des phases de nettes améliorations et de régressions. Un long combat, qui dura près de cinq ans.

Mais, au bout de ces cinq années, M.Crossman semblait pouvoir reprendre une vie normale, d'après les médecins de l’hôpital. Olly eut une petite pensée mélancolique. Les mots étaient vraiment très maladroits. « une vie normale »... Elle doutait que son patient puisse à nouveau connaître cela. Les médecins, eux, n'avaient semble-t-il pas vu les nuits entières qu'il passait encore la veille de sa départ, les yeux grands ouverts, luttant contre le sommeil pour ne pas sombrer dans ses cauchemars qui, lorsqu'ils l'assaillaient, le tenaient entre leurs serres jusqu'à l'en étouffer. Ils n'avaient jamais assisté à ces moments où elle rentrait presque silencieuse dans la chambre, et où elle le surprenait, aussi silencieux qu'un mort, aussi immobile qu'une tombe, figé dans la posture où elle l'avait laissé quelques heures plus tôt. Elle savait qu'il lui arrivait encore de quitter ce monde, pour se perdre à nouveau dans le repos sans fin qu'était le néant de la folie. Elle savait qu'il ne dormait presque pas. Elle connaissait les frémissements étranges et soudain de ses muscles, ces spasmes presque imperceptibles qui apparaissaient à l'improviste, comme si son corps et son esprit se souvenaient encore des doloris reçus, s'en remémorant si bien que, l'espace d'un frisson, ils en ranimaient la douleur.

Mais c'était vrai. M.Crossman pouvait marcher, difficilement, mais il y parvenait. Il tenait sans mal une conversation, et, vers la fin de sa convalescence, il pouvait même lui arriver de sourire. Il s'habillait seul et avait réclamé à partir. Rien ne semblait plus devoir le retenir ici que quelques rendez-vous hebdomadaire auxquels, elle en était persuadée, il ne viendrait pas.

Oui, pour tous, M.Crossman était guéri, ou, pour les plus pessimistes « en bonne voie de guérison... »

Étrange...

Elle ne comprenait pas ce qui avait pu amorcé un tel processus. Il n'y avait rien eu de particulier, ce jour là, à l’hôpital. Elle avait beau cherché, elle ne parvenait pas à se rappeler. Aucune visite, rien qui n'eut pu sortir l'homme de sa torpeur. Et c'est peu dire ! Même lorsqu'on lui avait annoncé la mort du tueur de sa femme et de son enfant, Guelroy Yanovski, il n'avait pas réagi.

Non, elle ne comprenait pas...

La seule chose dont elle se souvenait, c'était d'avoir chassé une hirondelle qui cherchait à nicher entre les grilles de la fenêtre.

Elle haussa les épaules.

Non, Olly n'y comprenait vraiment rien...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Guelroy Yanovski était mort.

Une vérité qui sonnait comme la sentence d'un échec encore plus cuisant.

Guelroy Yanovski était mort, et il n'était pour rien dans cela. D'autres avaient eu le privilège d'assister au spectacle de la mort de l'assassin de sa famille.

Cléhodore sortit sa baguette. Une magnifique baguette, finement ouvragée, délicatement sculptée d'arabesque et de signes complexes. Un travail remarquable. Il eut un rire ironique. Cette baguette avait jeté de puissants sorts et était venue à bout de bien des ennemis, entre ses mains, mais elle n'avait pu sauver ce qui lui était le plus précieux.

Impuissance, vanité, imprudence...

Il aurait voulu disparaître avec elles, ce jour là, ou que personne n'entre dans sa geôle de torture pour le sauver. Il aurait voulu mourir. Mais maintenant, il ne le pouvait plus, car, s'il mourait maintenant, s'il se laissait aller à cette terrible tentation d'avancer dans l'eau, jusqu'à ne plus faire partie de ce monde, le souvenir des hirondelles serait submergé avec lui. Il était le seul à connaître le vol véritable de ces oiseaux.

Calmement, il saisit cette belle baguette par ses deux extrémités, et la plia d'un geste vif, ce qui eut pour effet de la briser en deux. Toujours sans un bruit, sans un cri, dans une sorte de colère et de révolte silencieuse, il jeta au loin les deux morceaux de bois qui retombèrent loin des berges, dans le lac.

La surface de l'eau se troubla un instant, puis, lentement, elle se figea, comme si le geste de révolte et de désespoir de Cléhodore n'avait pas plus d'importance qu'une brise au milieu d'une tornade. L'ancien auror s'agenouilla près de l'onde limpide et lisse comme un miroir. Son image lui apparut un instant, mais il ne voyait plus son visage. Il n'apercevait désormais que cette horrible cicatrice, parfaitement refermée, ne laissant sur ses lèvres qu'une traînée de peau blanche et abîmée au milieu d'une barbe brune.

Cette image, il ne la supporterait plus...

Tout comme cette réalité, et cet univers.

Le monde pouvait bien crever. Il s'en moquait. Il ne voulait plus jamais penser, jamais. Il ne voulait plus lui appartenir. Il voulait être libre, enfin.

Le faucon déploya ses longues ailes brunes.

Et, dans un cri de solitude, il prit son envol, laissant sur la berge le souvenir de l'homme qu'il fut...

Et au même moment, un certain Harry Potter franchissait le mur de la voie 9 3/4 pour la première fois.


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Une simple radio, dont les grésillements venaient perturber le calme de la nature. Une simple radio. C'était ce qui avait de nouveau fait basculer la vie de Cléhodore.

Une simple radio, qui grésille dans la forêt, appartenant à un drôle de groupe de sorciers qui erraient dans les bois depuis déjà quelques jours, ayant attiré la curiosité d'un étrange faucon, tantôt agressif de voir ainsi son territoire sauvage profané, tantôt étrangement intéressé.

Une simple radio, et un message...

« Albus Dumbledore est mort. »

Un simple message...

Et le faucon s'envola.

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« Mon ancienne baguette était composée de bois d'olivier et d'une plume de phœnix. »

Indiqua le sorcier grisonnant au marchand de baguettes de la ville de Cardiff. Ce dernier fronça les sourcils, et farfouilla un instant dans son stock avant de sortir une boîte contenant une baguette moins bien ouvragée que sa vieille baguette, mais composée à peu de chose près de la même façon. L'étranger la saisit, et fit un mouvement du poignet, ce qui eut pour effet de renverser une partie des étagères du marchand.

«  Hé bien, cela ne semble plus guère vous correspondre. »

Ajouta calmement le vieil homme, avant de ramener deux autres baguettes. Toutes deux menèrent à un échec à peu près aussi violent. L'homme fronça légèrement les sourcils, leva un doigts, et disparut dans une pièce voisine. Il revint avec une longue boîte noire, qu'il ouvrit pour découvrir une étrange baguette de couleur sombre.

« essayez donc celle-ci... »

Il la tendit à l'homme, qui la saisit. Durant un instant, il ne se passa rien. Et puis, soudainement, un souffle magique parcouru la pièce, et s'estompa tout aussi soudainement.

« Etrange... Cette baguette n'a jamais convenu à personne. Mon père l'avait acheté lors d'un de ses voyages en Bulgarie, car elle est de très belle facture et assez mystérieuse. Il voulait l'étudier pour la reproduire, ou, vu sa rareté, la revendre pour un bon prix. Il ne parvint ni à l'un, ni à l'autre. Elle ne semblait vouloir s'accorder avec aucun sorcier, comme si elle désirait garder sa liberté en refusant toute allégeance... »

L'étranger fixa la baguette, d'une apparence somme toute assez quelconque, mais d'une étrange aura.

« Je vous la prends, combien la vendez-vous ? »

Le marchand annonça le prix, et L'homme sentit son cœur se serrer, en mettant sa main dans sa poche. Il n'avait que trois petites pièces, qui ne lui auraient permis que d'acheter une baguette simple.

« Pas d'argent, pas de baguette... »

« Attendez ! »

Il aurait voulu lui parler de sa volonté d'aider dans la seconde guerre contre Voldemort, de la nécessité de cette baguette pour qu'il puisse contribuer à participer à l'espoir de guerre après la chute de Dumbledore, mais il comprit bien vite au regard avide du marchand que cela ne serait d'aucune utilité. Il consentit donc à faire un ultime sacrifice. Pas pour la communauté des sorciers dont il n'avait cure ! Pas pour l'avenir d'un monde qui ne l'avait que trop aveuglé, avant de l'oublier complètement dans une chambre à Sainte-Mangouste, le laissant mourir d'indifférence. S'il faisait ce sacrifice, c'était en souvenir du regard bleuté et souriant de l'ancien directeur. Il n'avait jamais été proche de lui... Mais Dumbledore avait toujours eut cette étrange capacité à montrer par un regard qu'il croyait en un enfant. Et c'était bien un des rares adultes qui, dans ses jeunes années, avait un instant vu en lui un avenir.

Il avait toujours eu une admiration pour le vieil homme, et, malgré son désir de ne plus faire partie de ce monde sorcier, il ne pouvait refuser de combattre alors que lui avait donné sa vie pour une cause qu'il pensait juste.

Lentement, mais sans aucune hésitation, l'homme ôta une vieille alliance de son cou, et tendit la chaîne qui la contenait au vieux marchand. Celui-ci la regarda attentivement d'un œil expert :

« Hum, jolie, très jolie... »

L'alliance d'Aliénora. La dernière chose qui la reliait encore à lui. Le dernier souvenir qu'il avait conservé de son état de sorcier. Elle n'avait pas de valeur chiffrable. Elle était unique. En voyant le marchand la détailler comme un simple bout de métal, ce qu'elle était à ses yeux, l'étrange sentit une rage sourde monter en lui, et se promis qu'un jour, il la récupérerait. Un jour, il la reprendrait...

« Marché conclu ! »

Dit le marchand.

Sans un mot, Cléhodore sortit de la boutique, laissant la liberté du faucon derrière lui pour reprendre les chaînes et la responsabilité d'une vie de sorcier, du moins, le temps d'une guerre. Ensuite, il se promit de repartir, à jamais, une fois sa dette à Dumbledore payée.

Le marchand, lui, se frottait les mains. Il n'aurait jamais espéré tirer un si bon prix d'une baguette si étrange... Bien qu'elle semblait puissante, depuis sa découverte, elle n'avait jamais consenti à s'offrir à un sorcier, et, si ce n'était sa valeur potentielle d'objet rarissime, il l'aurait sûrement jetée. Il avait eu de la chance. Sa journée commençait bien !

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Une lueur verte rebondit violemment contre un arbre manquant sa cible de peu. Celle-ci, en revanche, eut bien plus de réflexe :

« Avada Kedavra ! »

Le sortilège toucha l'autre sorcier, qui tomba sur le sol pour ne plus se relever, comme si dans le souffle de ces paroles sa vie s'était envolée. C'était une des raisons pour lesquels Cléhodore n'aurait jamais pu entrer dans l'ordre du phoénix. Lui, il n'hésitait pas à tuer. Lui, il était, malgré tout, attiré par la magie noire, et désormais, il n'avait plus d'autres limites que celles que son corps lui donnaient.

Cléhodore ne s'attarda pas bien longtemps. Il s'inclina rapidement sur le corps et entreprit de le fouiller, à la recherche d'indices pouvant le conduire à d'autres mangemorts. Soudain, des pas se firent entendre. Cléhodore se redressa, aussi vif qu'un faucon, avant de se cacher derrière un arbre en marmonnant des sortilèges capables de le couvrir le temps de fuir ou de prendre connaissance de ses ennemis. Un champs d'invisibilité l'entoura bientôt, mais, paranoïa d'auror oblige, il se maintint dos à son arbre.

Les voix se rapprochèrent. Bientôt, quatre silhouettes firent leur apparition. Cléhodore pesta. Trop nombreux pour agir sans risques, surtout affaibli par la bataille précédente. Mais alors qu'il allait s'enfuir, une voix le retint...

Une voix qu'il ne connaissait que trop bien, pour l'avoir entendu lui lancer un sortilège, ce 24 janvier 1981...

Une voix qu'il avait entendu rire pendant de longs mois, alors que les doloris et autres blessures parcouraient son corps.

La voix de la seule personne qu'il ne s'attendait pas à retrouver là, car il la pensait morte depuis des années...

Guelroy Yanovski...

L'assassin de sa femme et de sa fille.

Le sang de Cléhodore ne fit qu'un tour, et, avant qu'il n'ait pu comprendre comment, il fit face aux quatre mangemorts. Sa mains se portant instinctivement vers sa baguette.

« Je ne ferai pas ça, si j'étais toi... »

Résonna la voix sombre de Guelroy.

Dans un même mouvement, tels quatre serpents se redressant face à la même proie, il se redressèrent devant Cléhodore, leurs baguettes brandies, un sourire mauvais aux lèvres. Ce fut Guelroy qui lui sauva la vie, en un sens, en retenant de son bras ses camarades, avant de toiser son ancien ennemi d'un œil amusé.

« Cléhodore ! Ravi de te revoir, tu as bien meilleure mine que la dernière fois que je t'ai croisé... »

« Je ne m'attendais pas non plus à te revoir en si bonne forme, Guelroy... »

Lança t-t-il en ayant bien du mal à contenir sa colère.

«  Oh, c'est une longue histoire.. »

« Je n'en doute pas... »

L'amertume de Cléhodore était palpable, et réjouissait son adversaire, qui ne pouvait s'empêcher de ressentir une immense satisfaction en voyant son adversaire frustré, blessé, et totalement à sa merci.

« Un petit subterfuge, le temps d'attendre le retour de mon seigneur... Tu m'avais déjà coûté un frère et une sœur, Cléhodore, et tu m'a pris le dernier qu'il me restait... »

Cléhodore fronça les sourcils. Son esprit s’éclaircissait. Phoebus Yavnoski... Le frère jumeau de Guelroy. C'était lui qui était mort, pour que son frère puisse voler son identité. Si cela était possible, Cléhodore en aurait ressenti encore davantage de haine... Phoebus... Il s'en rappelait comme d'un enfant un peu maladroit, puis un homme farfelu, mais d'une gentillesse sans égale et d'une naïveté qui lui avait sans nul doute coûté la vie.

« Tu n'as sûrement pas pu y arriver tout seul... »

Un nouveau sourire carnassier éclaira les lèvres pâles de Guelroy :

« Oh, à ce sujet, merci d'avoir fait rentré ton cousin au ministère... Il n'est pas très courageux pour prendre les armes, mais c'était un agent administratif très doué pour falsifier et arranger quelques documents... paix à son âme ! »

Cléhodore serra les points. Quel imbécile, ce Tommy... jusqu'au bout...

« Décidément, il ne reste plus grand monde, dans ta famille... Si tu avais vu le regard de ta fille, avant de mourir ! Je l'ai tuée en premier, pendant que ta femme était à l'étage... elle était si fragile, là, sans protection, tournant les pages d'un vieux livre moldu plein d'histoires idiotes... Tu sais, elle n'a presque pas crié... elle en aurait même été insolente. Elle était persuadée que tu allais franchir la porte au dernier moment, et la sauver... »

« Avada Kedavra ! »

Le sortilège fusa de la baguette de Cléhodore dans un élan de colère, mais il loupa sa cible, et n'eut pour effet que de disperser les mangemorts. La bataille fit rage pendant quelques infimes secondes, Cléhodore ayant profiter de la distraction causée par ce sortilège pour se cacher derrière un arbre. Des éclairs colorés sifflaient à ses oreilles. Il lança un sortilège à l'aveuglette, se repérant à la direction des éclairs, et toucha un mangemort. Ce dernier poussa un cri, et il entendu le son de son corps tombant sur le sol. Un sortilège qui n'était, hélas, pas mortel.

Les pas se rapprochèrent. Cléhodore ferma les yeux. S'il devait mourir, que ce soit en faisant face à son ennemi. Alors qu'il était piégé et près à aller au devant d'une mort certaine, un léger gazouillis lui fit rouvrir les yeux.

L'espace d'un instant, en plein durant l'hiver qui précéda la bataille de Poudlard, une hirondelle passa furtivement dans le ciel...

Une hirondelle grise, un peu différente de l'animagus D'Aliénora.

Mais une hirondelle, en pleine hiver...

Cléhodore hésita. Il ne pouvait pas laisser Guelroy s'en sortir encore, il ne le pouvait pas ! Mais, d'un autre côté, mourir sans les venger, n'était-ce pas céder à cette impulsion sordide qui le poussait à vouloir les rejoindre. Il ne pouvait pas mourir maintenant. Pas tant qu'il ne serait pas sur de lui faire payer . Pas tant qu'il n'y aurait personne pour se souvenir du martyr de cette mère et de cette petite fille que la guerre avait oubliées...

Il se déplaça juste à temps pour voir voler en éclat l'écorce de l'arbre où il se trouvait quelques instants plus tôt.

En un éclair, il fit jaillir de sa baguette un sortilège qui lui fournit un faible bouclier, l'espace d'une ou deux secondes. Aussi fort soit-il, il n'avait aucune chance.

C'était une exécution en règle.

Cléhodore devait fuir.

A contrecœur, il trouva refuge derrière ce bouclier, le temps d'étendre ses ailes brunes, et de s'envoler.

« Sectum sempra ! »

Le sortilège l'atteignit en plein dans le dos, mais il ne sut jamais si la douleur qu'il ressentit était dû à ce sortilège où au souvenir de cette voix qui l'avait lancée...

L'oiseau plana avec difficulté, puis s'écroula sur le sol, ayant ralenti sa chute de son mieux. Il finit sa route dans un buisson, évanouit. Fort heureusement pour lui, la distance déjà prise entre le lanceur du sort et l'oiseau avait atténué la force de la magie noire.

Il entendit les pas des mangemorts qui le cherchaient, non loin. Mais repérer un oiseau tombé en pleine forêt, c'était comme chercher une pièce en chocolat dans la banque de Gringotts...

Un groupe de campeurs errant dans la forêt pour échapper à la guerre le trouvèrent, quelques jours plus tard, étendu sous sa forme humaine. Il fut sauvé, une fois de plus...

Et il put renaître, avec une détermination nouvelle, une envie nouvelle de vivre.

Une envie de mort.

Il tuerait Guelroy Yavnoski de ses mains...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


La guerre était finie. La paix revenait lentement sur le monde sorcier. Elle avait été brève, mais elle avait laissé des traces et des blessures qu'il fallait panser. Le souvenir de la bataille de Poudlard, et de ces morts héroïques, dont beaucoup n'était que des élèves, ne cessait de hanter les esprits. Il avait fallut que ce soit des enfants qui prennent les armes contre le seigneur des ténèbres pour que la paix reviennent. Ils avaient réussi là où les adultes avaient échoué, pour la plupart. Et ils en avait payé le prix.

Cléhodore ne fut sans doute pas un protagoniste important dans cette guerre. Il ne leva aucune armée. Il ne rejoignit aucun ordre ou aucune alliance. Il ne participa pas à cette grande bataille, et n'eut même jamais l'occasion de lever sa baguette contre Voldemort. Cependant, il y apporta sa contribution, dans l'ombre, comme beaucoup. Seul, dans la forêt, son domaine, il avait traqué et pourchassé à sa manière ces mangemorts qui arpentaient les sentiers afin de trouver les fuyards et les résistants.

Jusqu'à ce que le survivant n'apporte la victoire...

Le survivant...

la guerre était finie.

Mais pas pour tout le monde...

Cléhodore restait hanté par le souvenir tenace de sa rencontre, dans la foret, avec Guelroy Yavnoski. La vengeance lui enserrait le cœur, donnant à cette victoire un goût amer, car il ne pouvait pas la partager. Guelroy était encore libre. Et tant qu'il en serait ainsi, il serait piégé dans le monde sorcier, afin de le traquer sans relâche, et d'être près à affronter un adversaire doué d'une intelligence redoutable et d'une puissance non négligeable lors de leur prochaine rencontre. Un adversaire qui avait pour lui un ascendant psychologique sur Cléhodore, car il lui faisait perdre son sang froid légendaire alors que haine, crainte et douleur prenaient possession de son esprit et le tétanisaient...

Non, sa guerre n'était pas terminée.

Mais autre chose persécutait son esprit. Un élément encore plus inquiétante...

la bataille de Poudlard avait laissé planer le doute quand à l'existence de la baguette de sureau... La puissante baguette que la mort elle-même avait offert à l'un des frères. Cléhodore connaissait ce conte par cœur, comme beaucoup de sorciers. Mais il n'y croyait pas.

Jusqu'à aujourd'hui...

Si Voldemort, Harry Potter et Albus Dumbledore avaient tous à un moment ou un autre invoqué cette baguette, cela donnait une certaine crédibilité quand aux rumeurs étranges sur cette relique.

Mais ce n'était pas la baguette de sureau qui l’intéressait.

C'était la pierre de résurrection.

Cette pierre, capable de ramener d'entre les morts les êtres chers. Cette relique qui, si la baguette existait vraiment, avait aussi une chance de n'être pas qu'une légende.

Depuis la fin de la dernière bataille, ardemment, sans repos, il avait mené ses propres recherches sur la pierre. Il était persuadé que, alliée au miroir du Risèd, il pourrait ranimer sa femme et sa fille, et conjurer le sort de la Mort...

Et ses recherches convergeaient toutes vers un seul endroit...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Une forte pluie s'abattait sur les maisons de Londres. Les passants hâtaient le pas, trouvant refuge chez eux, ou transplanaient discrètement vers un endroit plus accueillant. Cléhodore poussa la porte du chaudron baveur, et posa son maigre pécule sur le comptoir, en demandant une bierre au beurre. Le serveur bossu lui apporta sa consommation en le toisant d'un air mauvais, connaissant depuis quelques mois les habitudes de cet étranger.

Il venait trouver refuge dans la chaleur de la taverne, le temps que l'averse se calme, et, pour ne pas qu'on le mette dehors, il prenait toujours un verre qu'il consommait parfois durant tout une après-midi.

La réalité des faits était simple : Cléhodore ne possédait plus grand chose, pour ne pas dire rien du tout. Les gobelins de Gringotts, véritables vautours, s'étaient rappropriés la maison après sa disparition dans l'espoir de la vendre, mais en vain. Le souvenir du meurtre perpétré et les traces de la bataille donnait à cet endroit l'aura d'une demeure maudite. Et depuis que Cléhodore avait réapparu, ils ne cessaient de lui rappeler sa dette, que l'homme ne pouvait pour l'instant pas payer, bien que l'envie de racheter sa demeure était tenace.

Parfois, il trouvait temporairement un emploi, mais il n'avait pu jusque là se permettre quelque chose de stable : son handicap, ses tremblements et son visage marqué faisait peur. Il n'inspirait pas confiance, et n'était plus tout à fait apte à s'intégrer véritablement au monde sorcier. De plus, ses recherches sur le miroir et la pierre de résurrection l'avaient conduit bien trop souvent à s'éloigner précipitamment. De même que sa traque incessante de l'assassin de sa famille.

Mais depuis quelques mois, Cléhodore se sentait fatigué de tout cela. Ses recherches demeuraient au point mort, convergeant toutes vers Poudlard, et disparaissant. Quand à Guelroy, il n'avait plus réapparu depuis leur dernière rencontre, et malgré une enquête poussée, Cléhodore n'avait pu que frôler sa trace à une ou deux reprises.

Alors qu'il était pris dans le tourbillon de ses mornes pensées, un hibou vint se percher non loin de lui. Cléhadore n'y prêta pas vraiment attention. Il n'y avait plus personne pour lui envoyer du courrier. L'oiseau finit par s'impatienter et lui piqua violemment la main de son bec.

« Je crois que c'est pour vous.... »

Ricana le serveur.

Intrigué, il saisit la petite enveloppe, et la décacheta. L'oiseau, s'envola alors dans un bruissement d'ailes, avec un petit cri réprobateur.

Le message était court, mais il intrigua grandement Cléhodore. On lui donnait rendez-vous à pré-au-lard pour lui offrir éventuellement un poste à Poudlard... Lui, professeur... Ils marchaient complètement sur la tête là-bas ou quoi ?

Mais c'était pour lui une opportunité plus qu'inespérée de payer ses dettes et de racheter son ancienne maison, sanctuaire désormais dédié à la mémoire de sa famille qu'il ne voulait pas voir profaner de rire et d'espoir. Et puis, il y avait cette bague, la bague d'Aliénora, qu'il n'avait toujours pas pu racheter. C'était aussi l'occasion rêvé de se rapprocher du dernier endroit où le miroir du Risèd avait été aperçu, ainsi que du bureau où avait travaillé l'homme qui avait mené des recherches sur les reliques de la mort. Le dernier endroit où la légende avait été entendue, et presque ressuscitée.

Cléhodore rangea la lettre, et se leva.

Il ne finit par sa consommation, pour une fois. Le serveur était intrigué. Il avait l’impression qu'il allait le voir moins souvent...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Le soleil se couche à l'ouest. Le vent souffle encore une brise glaciale. L'hiver avait été rude, un hiver à fendre en deux un cœur de plomb... Personne n'était sorti, ce soir là. Ce n'était pas un temps à mettre un boursouffle dehors. La seule présence humaine, dans ce lieu sordide, c'est une silhouette, dans un vieux cimetière, un bouquet de tulipes blanches dans les mains.

Lentement, l'ombre se penche, pour déposer les fleurs sur une petite tombe, envahie par les mauvaises herbes et abîmée par le temps. L'homme recule un peu, et, avec tendresse, il embrasse la pierre tombale froide de la seconde sépulture.

Puis, il s'éloigne des tombes, passe derrière le tronc d'un saule pleureur, et ne réapparaît plus.
Disparu, tel un spectre errant sur terre, à la recherche d'un printemps qui ne reviendrait jamais plus.

Fin... pour le moment.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~



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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Jeu 12 Jan - 20:53

Bonsoir!

Fiche terminée! enfin! I love you
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Shawn F. Weiss
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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Ven 13 Jan - 18:16

Pour te montrer que je m'occupe de ta fiche, sache que j'ai déjà lu ton caractère x) Pour le moment tout est ok, la manière dont tu décris les punitions sont intéressantes et assez bien expliquer pour montrer que même s'il frôle la limite, il ne la dépasse pas x)

Par contre, je t'avoue que j'ai un peu la flemme de continuer à lire, alors je continuerai plus tard ou demain ♥ (j'ai hâte de savoir, mais en même temps y a juste trop, ça me décourage XD)

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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Ven 13 Jan - 19:09

Pas de soucis, prends ton temps pour la lire. Je m'excuse pour la longueur, mais c'est ça, les vieux personnages! Surtout quand ils ont eu une vie bien remplie!

Bon courage pour la lecture. Razz
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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Ven 13 Jan - 20:29

J'AI TOUT LUUUU XD Alors, à certains moment de ton histoire, je me suis dit "il faudra qu'il explique ça", mais je lisais un peu plus loin et c'était expliquer!!! x) Enfin bon, pour moi tout est bon, mais je vais attendre que ma co-admin lise pour qu'elle donne son avis et après tu seras validé ^^

J'adore quand au tout début de sa fiche, quand on parle de son orientation sexuelle, tu dis qu'il y a possibilité de faire une relation amoureuse... En lisant ta fiche, je me suis dit que le gars (ou la fille) qui tentera le coup doit être sacrément maso... et patient(e) aussi XD Et puis en lisant ta fiche, on a tellement de tristesse pour Cléo qu'on aurait pas envie d'essayer de remplacer sa femme dans son coeur o.o Ça serait presque comme un sacrilège x) Enfiiiin, je m'égare ♥

EDIT : à si, ptet un truc, ton pseudo c'est Clehodore et tu écris Cléhadore enfin bon parfois tu mélanges les deux, faudrait que je sache c'est lequel pour finir °°

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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Ven 13 Jan - 22:40

Merci, c'est gentil! pour cléo! Et merci d'avoir tout lu en une soirée! *applaudit*

Alors, le pseudo, c'est Cléhodore. Mais par distraction, il peut m'arriver d'écrire Cléhadore, puisque le prénom de Cléo est un dérivé du prénom Cléhadol... du coup, j'ai du me mélanger un peu les pinceaux. ^^;;;
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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Dim 15 Jan - 19:15

J'attends encore demain et si Alek ne me donne pas de ses nouvelles (elle est assez occupée), je te validerai ^^

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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Dim 15 Jan - 20:47

Pas de soucis, je peux attendre, cela ne pose pas de problème! ^__^
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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   Dim 15 Jan - 21:25

Ayant croisé Alek, je peux enfin te valider ^^ Donc voilà, tout a été déjà dit... Il n'y a rien à vraiment ajouter, sauf peut-être à faire attention à pas t'emmêler les pinceaux avec ton pseudo, sinon tout le monde va aussi s'emmêler XD

Tu es donc officiellement validé
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MessageSujet: Re: Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)   

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Cléhadore Crossman - professeur de sortilèges et directeur de Gryffondor ( fiche terminée)
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